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Citations sur l'état
Il y a 64 citations sur l'état.
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[Les trois états successifs de toute pensée et de toute connaissance] : l'état théologique, ou fictif ; l'état métaphysique, ou abstrait ; l'état scientifique, ou positif.
Auguste Comte — Cours de philosophie positive -
L'Etat, c'est la providence des gens sans état.
Marc Grangé -
Les individus sont sortis de l'état sauvage, les nations y sont restées.
Alexandre Vinet — Philosophie et morale sociale -
De toutes les circonstances de la vie, le choix d'un état est celle où la méprise est plus ordinaire.
Jean-Baptiste Massillon — Sermons, Sur la vocation -
La civilisation est un produit naturel, tout comme l'état sauvage ; ce sont des fleurs différentes poussées dans la même forêt.
Remy de Gourmont — Promenades littéraires, Mercure de France -
L'œil existe à l'état sauvage.
André Breton — Le Surréalisme et la Peinture, Gallimard -
Je suis trop bavard ? J’ai imaginé ça, qu’un bandit, un ravisseur devait déjà être sur les nerfs tout au long de son opération, c’était le bouquet si la victime y ajoutait son grain de sel. Je ne demandais qu’à avouer, était-on jamais trop bavard dans cet état d’esprit ?
Mathieu Lindon — Les Apeurés -
Ce fut un coup d'État dans la ville de Laon; les uns blâmaient et les autres approuvaient; les vieillards ne se rappelaient pas avoir, même dans les souvenirs de la République, entendu parler de soumettre au régime militaire des enfants de huit ans
Champfl. — Souffrances professionnelles de Delteil -
Dans la mesure très étroite où un simple écrivain, qui ne se soucie pas d'usurper, peut donner son avis sur une affaire d'État dont il n'a pas en mains les pièces, il est permis de regretter les conditions dans lesquelles cette alliance [avec la Russie] disproportionnée a été conclue
Maurras — Kiel et Tanger -
La pensée de Rousseau, plus dynamique que celle de la plupart des philosophes du XVIIIesiècle, entrevoit dans l'histoire évolutive de l'humanité une étape pré-sociale correspondant à l'état de nature dans lequel l'homme, à l'abri des conventions, des préjugés et de la haine, est bon, pur et innocent
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Les nobles, les ecclésiastiques et les bourgeois sont tenus d'abandonner au roi, durant une année, le dixième, par exemple, de tous leurs revenus. Ce que je dis là des impôts votés par les états généraux doit s'entendre également de ceux qu'établissaient, à la même époque, les différents états provinciaux sur leurs territoires.
Tocqueville — Ancien Régime et Révolution -
Les États généraux du commerce et de l'industrie
Davau-Cohen -
On manquait d'argent pour tout au milieu de l'état de maison le plus splendide
Stendhal — La Chartreuse de Parme -
L'Assemblée législative sécularisa l'état-civil en confiant la tenue des registres aux municipalités
Baradat — Organisation préfectorale -
L'orgueil de faire état de sa richesse
Schneider — Charbon -
Le besoin à l'état pur
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On a appliqué le terme de loi à des phénomènes particuliers qui ne sont valables que pour un état de langue déterminé ou pour un moment déterminé de l'évolution d'une langue donnée
Perrot — Ling. -
Autour de lui [Patrice Hennedyck], le Nord se réveillait. On travaillait à remettre en état les usines. La ville grouillait d'activité
Van der Meersch — Invasion 14 -
Faites les morts, mes bons amis; tâchez que les choses restent en l'état, et attendez que nous soyons les maîtres...
Émile Zola — Les Rougon-Macquart -
Il était parfaitement en état de m'étrangler avec ses mains, s'il faisait un mauvais rêve
Mérimée — Dernières nouvelles -
Il est d'usage, depuis Hippocrate, d'admettre trois périodes dans l'évolution des maladies aiguës : la période de début, la période d'état, la période de déclinaison
Roger ds — Nouveau Traité Médical, fascicule 1 -
Le malade, dans un véritable état second, part au hasard, se comportant extérieurement d'une façon qui peut sembler normale et, soudain, se retrouve, tout surpris, en un lieu inconnu
Codet — Psychologie -
Il se crée un véritable état de mal rhumatismal
Barbier ds — Nouveau Traité Médical, fascicule 2 -
L'âge de l'individu peut, pour certaines vaccinations, être une contre-indication; son état de santé intervient également : un mauvais état général doit en principe faire surseoir à la vaccination; de même l'existence d'une infection en cours...
Quillet — Médical -
\"Le roi et les privilégiés auraient voulu que les états délibérassent comme en 1614, c'est-à-dire « par ordre ». Les privilégiés auraient eu immanquablement la majorité et les états auraient été incapables d’opérer aucune réforme sérieuse.
Jacques Godechot — Les constitutions de la France depuis 1789\" -
\"Ce gouvernement était fédératif ; c’est-à-dire que la Gaule était divisée en une multitude de petits états indépendants, ayant leur vie propre, et ne se rattachant les uns aux autres que par une association peu étroite.
François-Xavier Masson — Annales ardennaises\" -
\'État ecclésiastique.
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Le vieux von Winterfeld entra bientôt dans le coma ; parmi les blessés, trois se rétablissaient assez rapidement, alors que l’état des autres empirait, par suite du manque de bonne nourriture.
H.G. Wells — La Guerre dans les Airs -
... à 8 h et demie, j'ai été à une séance du comité de l'intérieur où j'ai resté dans un grand état de malaise jusqu'après 11 h. Rentré chez moi; j'ai renoncé à aller à une soirée de M. Suard.
Maine de Biran — Journal -
Des trois ou quatre lettres que je fis, il m’est resté ce commencement dont je ne fus pas content ; mais s’il me parut ne rien exprimer, ou trop parler de moi quand je ne devais m’occuper que d’elle, il vous dira dans quel état était mon âme.
Honoré de Balzac — Le lys dans la vallée -
Il a eu une postérité immédiate. Mais Huysmans est quand même en retrait : il est persuadé qu’on ne le comprend pas. On prend À rebours pour un roman imaginatif et baroque, alors que lui dit avoir écrit le parcours d’un aristocrate névrosé de l’époque. Il est dans le même état d’esprit d’incompréhension à la réception de ses romans catholiques qui se vendent bien.
André Guyaux — Libération -
Rien de ce qui est beau n’est indispensable à la vie. — On supprimerait les fleurs, le monde n’en souffrirait pas matériellement ; qui voudrait cependant qu’il n’y eût plus de fleurs ? Je renoncerais plutôt aux pommes de terre qu’aux roses, et je crois qu’il n’y a qu’un utilitaire au monde capable d’arracher une plate-bande de tulipes pour y planter des choux.À quoi sert la beauté des femmes ? Pourvu qu’une femme soit médicalement bien conformée, en état de faire des enfants, elle sera toujours assez bonne pour des économistes.À quoi bon la musique ? à quoi bon la peinture ? Qui aurait la folie de préférer Mozart à M. Carrel, et Michel-Ange à l’inventeur de la moutarde blanche ?Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c’est l’expression de quelque besoin, et ceux de l’homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature. — L’endroit le plus utile d’une maison, ce sont les latrines.
Théophile Gautier — Mademoiselle de Maupin -
Il sera établi à Paris un tribunal criminel extraordinaire, qui connoîtra de toute entreprise contre-révolutionnaire, de tous attentats contre la liberté, l'égalité, l'unité, l'indivisibilité de la république, la sûreté intérieure et extérieure de l'État, et de tous les complots tendant à rétablir la royauté, ou à établir toute autre autorité attentatoire à la liberté, à l'égalité et à la souveraineté du peuple, soit que les accusés soient fonctionnaires civils ou militaires, ou simples citoyens.
Article premier du décret de la Convention nationale du 10 mars 1793 — relatif à la formation d'un Tribunal criminel extraordinaire. -
Ô géraniums, ô digitales… Celles-ci fusant des bois-taillis, ceux-là en rampe allumés au long de la terrasse, c’est de votre reflet que ma joue d’enfant reçut un don vermeil. Car « Sido » aimait au jardin le rouge, le rose, les sanguines filles du rosier, de la crois-de-Malte, des hortensias, et des bâtons-de-Saint-Jacques, et même le coqueret-alkékenge, encore qu’elle accusât sa fleur, veinée de rouge sur pulpe rose, de lui rappeler un mou de veau frais… A contre-cœur, elle faisait pacte avec l’Est : « Je m’arrange avec lui », disait-elle. Mais elle demeurait pleine de suspicion et surveillait, entre tous les cardinaux et collatéraux, ce point glacé, traître aux jeux meurtriers. Elle lui confiait des bulbes de muguet, quelques bégonias, et des crocus mauves, veilleuses des froids crépuscules. Hors une corne de terre, hors un bosquet de lauriers-cerises dominés par un junkobiloba, – je donnais ses feuilles, en forme de raie, à mes camarades d’école, qui les séchaient entre les pages de l’atlas – tout chaud jardin se nourrissait d’une lumière jaune, à tremblements rouges et violets, mais je ne pourrais dire si ce rouge, ce violet, dépendaient, dépendent encore d’un sentimental bonheur ou d’un éblouissement optique. Étés réverbérés par le gravier jaune et chaud, étés traversant le jonc tressé de mes grands chapeaux, étés presque sans nuits… Car j’aimais tant l’aube, déjà, que ma mère me l’accordait en récompense. J’obtenais qu’elle m’éveillât à trois heures et demis, et je m’en allais, un panier vide à chaque bras, vers des terres maraîchères qui se réfugiaient dans le pli étroit de la rivière, vers les fraises, les cassis et les groseilles barbues. A trois heures et demie, tout dormait dans un bleu originel, humide et confus, et quand je descendais le chemin de sable, le brouillard retenu par son poids baignait d’abord mes jambes, puis mon petit torse bien fait, atteignait mes lèvres, mes oreilles et mes narines plus sensible que tout le reste de mon corps… J’allais seule, ce pays mal pensant était sans dangers. C’est sur ce chemin, c’est à cette heure que je prenais conscience de mon prix, d’un état de grâce indicible et de ma connivence avec le premier souffle accouru, le premier oiseau, le soleil encore ovale, déformé par son éclosion… Ma mère me laissait partir, après m’avoir nommée « Beauté, Joyau-tout-en-or » ; elle regardait courir et décroître sur la pente son œuvre, - « chef-d’œuvre » disait-elle. J’étais peut-être jolie ; ma mère et mes portraits de ce temps-là ne sont pas toujours d’accord… Je l’étais à cause de mon âge et du lever du jour, à cause des yeux bleus assombris par la verdure, des cheveux blonds qui ne seraient lissés qu’à mon retour, et de ma supériorité d’enfant éveillée sur les autres enfants endormis. Je revenais à la cloche de la première messe. Mais pas avant d’avoir mangé mon saoul, pas avant d’avoir, dans les bois, décrit un grand circuit de chien qui chasse seul, et goûté l’eau de deux sources perdues, que je révérais. L’une se haussait hors de la terre par une convulsion cristalline, une sorte de sanglot, et traçait elle-même son lit sableux. Elle se décourageait aussitôt née et replongeait sous la terre. L’autre source, presque invisible, froissait l’herbe comme un serpent, s’étalait secrète au centre d’un pré où des narcisses, fleuris en ronde, attestaient seuls sa présence. La première avait goût de feuille de chêne, la seconde de fer et de tige de jacinthe… Rien qu’à parler d’elles, je souhaite que leur saveur m’emplisse la bouche au moment de tout finir, et que j’emporte, avec moi, cette gorgée imaginaire…
Colette — Sido -
Et comme Eulalie savait avec cela comme personne distraire ma tante sans la fatiguer, ses visites, qui avaient lieu régulièrement tous les dimanches sauf empêchement inopiné, étaient pour ma tante un plaisir dont la perspective l’entretenait ces jours-là dans un état agréable d’abord, mais bien vite douloureux comme une faim excessive, pour peu qu’Eulalie fût en retard.
Marcel Proust — Du côté de chez Swann -
J'ai reçu l'état de dettes que vous m'avez envoyé (…) Il reste dû, dites-vous, 5460 livres.
Staël — Lettres à Narbonne -
Ils avaient pris un hôtel en ville avant de se rendre, dès potron-minet, au domicile du suspect. Le lieutenant de garde, au Quai des Orfèvres, avait trouvé tous les renseignements à son sujet. Son adresse. Son état civil. Son casier judiciaire.
Franz-Olivier Giesbert — L’Abatteur -
Lorsqu’on met sur la scène une simple intrigue d’amour entre des rois, et qu’ils ne courent aucun péril ni de leur vie ni de leur État, je ne crois pas que, bien que des personnes soient illustres, l’action le soit assez pour s’élever jusqu’à la tragédie.
Corneille — Discours de l’utilité et des parties du poème dramatique -
La psychose, elle, est un état chronique de pétage de plombs qui vous fait prendre des vessies pour des lanternes. Les deux principales psychoses sont la schizophrénie et la paranoïa.
Jean-Loup Chiflet — Nouilles ou pâtes : le bon sens des mots -
L'inconnu resta impassible. Il se mit à regarder modestement autour de lui, comme un chien qui, en se glissant dans une cuisine étrangère, craint d'y recevoir des coups. Par une grâce de leur état, les clercs n'ont jamais peur des voleurs ils ne soupçonnèrent donc point l'homme au carrick et lui laissèrent observer le local, où il cherchait vainement un siège pour se reposer, car il était visiblement fatigué. Par système, les avoués laissent peu de chaises dans leurs études. Le client vulgaire, lassé d'attendre sur ses jambes, s'en va grognant, mais il ne prend pas un temps qui, suivant le mot d'un vieux procureur, n'est pas admis en taxe.
Honoré de Balzac — Le colonel Chabert