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Chacun

[ʃakœ̃]
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Définitions de « chacun »

Chacun - Pronom indéfini

  • Désigne chaque individu ou élément d’un groupe ou d’un ensemble spécifique.

    Ils demandent ensuite cent francs chacun de gratification quand ils auront trouvé le pêcheur pour nous conduire à l'Oyapok.
    — Albert Londres, L’Homme qui s'évada
  • Utilisé pour désigner toute personne sans distinction, exclusivement au masculin dans ce contexte.

    J'arrive à Ploubezre, chez des amis, de vieux Ploubezriens : « La Croix de Dom Karis , sur la route de Plouaret ? » Chacun ignore.
    — Le Fureteur breton: bulletin documentaire illustré, vol. 6

Expressions liées

  • Chacun pour soi! à chacun son dû!
  • Chacun sa chacune (désignant les personnes d'un couple)
    − Hé vous voyez. Ils sont quatre qui ont enlevé chacun sa chacune. Ils les emmènent peut-être en Suisse où il y a des ours, peut-être en Italie où il y a des brigands...
    — Pourrat, Gaspard des montagnes, Le Pavillon des amourettes
  • Chacun à chacun (tour exprimant la réciprocité)
    ... deux triangles sont égaux lorsqu'ils ont un côté égal et deux angles adjacents égaux chacun à chacun; ...
    — Augustin Cournot, Essai sur les fondements de nos connaissances
  • D'entre
    Immédiatement la mémoire l'y relie, l'y plonge; elle lui donne une coloration inattendue et qui varie avec chacun d'entre nous, non seulement du fait de nos tendances particulières, mais de notre expérience vécue, différente de toute autre.
    — Huyghe, Dialogue avec le visible
  • Tout un chacun
    Révélé à tout un chacun
    — Georges Courteline, L'Article 330

Étymologie de « chacun »

Du moyen français chascun, de l’ancien français cascuns (1100), issu du latin populaire cascunum, croisement de quisque unus « chacun » et de catunum, ce dernier composé de cata unum « un à un », du bas latin cata « chaque » (cf. cada en occitan et espagnol, câte en roumain). Quant à cata unum, il est continué par l’ancien français cadhun (Serments de Strasbourg), tardivement cheüm, l’occitan cadun et le roumain câte un.

Usage du mot « chacun »

Évolution historique de l’usage du mot « chacun » depuis 1800

Fréquence d'apparition du mot « chacun » dans le journal Le Monde depuis 1945

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Synonymes de « chacun »

Antonymes de « chacun »

Citations contenant le mot « chacun »

  • Chacun est l'ombre de tous.
    Eugène Grindel, dit Paul Eluard — Les Armes de la douleur, V , Éditeurs français réunis
  • Voilà. Ces personnages vont vous jouer l’histoire d’Antigone. Antigone, c’est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu’elle va être Antigone tout à l’heure, qu’elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu’elle va mourir, qu’elle est jeune et qu’elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n’y a rien à faire. Elle s’appelle Antigone et il va falloir qu’elle joue son rôle jusqu’au bout… Et, depuis que ce rideau s’est levé, elle sent qu’elle s’éloigne à une vitesse vertigineuse de sa sœur Ismène, qui bavarde et rit avec un jeune homme, de nous tous, qui sommes là bien tranquilles à la regarder, de nous qui n’avons pas à mourir ce soir.Le jeune homme avec qui parle la blonde, la belle, l’heureuse Ismène, c’est Hémon, le fils de Créon. Il est le fiancé d’Antigone. Tout le portait vers Ismène : son goût de la danse et des jeux, son goût du bonheur et de la réussite, sa sensualité aussi, car Ismène est bien plus belle qu’Antigone ; et puis un soir, un soir de bal où il n’avait dansé qu’avec Ismène, un soir où Ismène avait été éblouissante dans sa nouvelle robe, il a été trouver Antigone qui rêvait dans un coin, comme en ce moment, ses bras entourant ses genoux, et il lui a demandé d’être sa femme. Personne n’a jamais compris pourquoi. Antigone a levé sans étonnement ses yeux graves sur lui et elle lui a dit « oui » avec un petit sourire triste… L’orchestre attaquait une nouvelle danse, Ismène riait aux éclats, là-bas, au milieu des autres garçons, et voilà, maintenant, lui, il allait être le mari d’Antigone. Il ne savait pas qu’il ne devait jamais exister de mari d’Antigone sur cette terre et que ce titre princier lui donnait seulement le droit de mourir.Cet homme robuste, aux cheveux blancs, qui médite là, près de son page, c’est Créon. C’est le roi. Il a des rides, il est fatigué. Il joue au jeu difficile de conduire les hommes. Avant, du temps d’Œdipe, quand il n’était que le premier personnage de la cour, il aimait la musique, les belles reliures, les longues flâneries chez les petits antiquaires de Thèbes. Mais Œdipe et ses fils sont morts. Il a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses manches, et il a pris leur place.Quelquefois, le soir, il est fatigué, et il se demande s’il n’est pas vain de conduire les hommes. Si cela n’est pas un office sordide qu’on doit laisser à d’autres, plus frustes… Et puis, au matin, des problèmes précis se posent, qu’il faut résoudre, et il se lève, tranquille, comme un ouvrier au seuil de sa journée.La vieille dame qui tricote, à côté de la nourrice qui a élevé les deux petites, c’est Eurydice, la femme de Créon. Elle tricotera pendant toute la tragédie jusqu’à ce que son tour vienne de se lever et de mourir. Elle est bonne, digne, aimante. Elle ne lui est d’aucun secours. Créon est seul. Seul avec son petit page qui est trop petit et qui ne peut rien non plus pour lui.Ce garçon pâle, là-bas, au fond, qui rêve adossé au mur, solitaire, c’est le Messager. C’est lui qui viendra annoncer la mort d’Hémon tout à l’heure. C’est pour cela qu’il n’a pas envie de bavarder ni de se mêler aux autres. Il sait déjà…Enfin les trois hommes rougeauds qui jouent aux cartes, leurs chapeaux sur la nuque, ce sont les gardes. Ce ne sont pas de mauvais bougres, ils ont des femmes, des enfants, et des petits ennuis comme tout le monde, mais ils vous empoigneront les accusés le plus tranquillement du monde tout à l’heure. Ils sentent l’ail, le cuir et le vin rouge et ils sont dépourvus de toute imagination. Ce sont les auxiliaires toujours innocents et toujours satisfaits d’eux-mêmes, de la justice. Pour le moment, jusqu’à ce qu’un nouveau chef de Thèbes dûment mandaté leur ordonne de l’arrêter à son tour, ce sont les auxiliaires de la justice de Créon.Et maintenant que vous les connaissez tous, ils vont pouvoir vous jouer leur histoire. Elle commence au moment où les deux fils d’Œdipe, Étéocle et Polynice, qui devaient régner sur Thèbes un an chacun à tour de rôle, se sont battus et entre-tués sous les murs de la ville, Étéocle l’aîné, au terme de la première année de pouvoir, ayant refusé de céder la place à son frère. Sept grands princes étrangers que Polynice avait gagnés à sa cause ont été défaits devant les sept portes de Thèbes. Maintenant la ville est sauvée, les deux frères ennemis sont morts et Créon, le roi, a ordonné qu’à Étéocle, le bon frère, il serait fait d’imposantes funérailles, mais que Polynice, le vaurien, le révolté, le voyou, serait laissé sans pleurs et sans sépulture, la proie des corbeaux et des chacals… Quiconque osera lui rendre les devoirs funèbres sera impitoyablement puni de mort.Pendant que le Prologue parlait, les personnages sont sortis un à un. Le Prologue disparaît aussi. L’éclairage s’est modifié sur la scène. C’est maintenant une aube grise et livide dans une maison qui dort. Antigone entr’ouvre la porte et rentre de l’extérieur sur la pointe de ses pieds nus, ses souliers à la main. Elle reste un instant immobile à écouter. La nourrice surgit.
    Jean Anouilh —  Antigone
  • De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins.
    Karl Marx
  • Chacun peut faire l’amère expérience qu’envers la haine, l’amour ne mène qu’à une victoire à la Pyrrhus. D’où s’ensuit ce mouvement de balançoire qui porte le nom d’ambivalence.
    Catherine Millot — Abîmes ordinaires
  • […] ce petit ouvrage permet à tout un chacun de composer à volonté cent mille milliards de sonnets, tous réguliers bien entendu. C’est somme toute une sorte de machine à fabriquer des poèmes, mais en nombre limité ; il est vrai que ce nombre, quoique limité, fournit de la lecture pour près de deux cents millions d’années (en lisant vingt-quatre heures sur vingt-quatre).
    Raymond Queneau — Cent mille milliards de poèmes
  • C'est une vaine ambition que de tâcher de ressembler à tout le monde, puisque tout le monde est composé de chacun et que chacun ne ressemble à personne.
    André Gide — Le prométhée mal enchaîné
  • A chacun, sa chacune.
    Proverbe français
  • Tous pour chacun. Chacun pour tous.
    Étienne Cabet — Voyage en Icarie

Traductions du mot « chacun »

Langue Traduction
Anglais each
Espagnol cada uno
Italien ogni
Allemand jeder
Chinois
Arabe كل
Portugais cada
Russe каждый
Japonais
Basque bakoitza
Corse ognunu
Source : Google Translate API


Sources et ressources complémentaires

SOMMAIRE

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.