Mettre : définition de mettre


Mettre : définition du Wiktionnaire

Verbe

mettre \mɛtʁ\ transitif 3e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se mettre)

  1. Placer une personne, ou un animal, ou une chose dans un lieu déterminé.
    • Tous les millions que je possède je les ai mis dans un grand coffre, sous le tombeau de Charlemagne, à Aix-la-Chapelle. — (Raymond Queneau, Les Derniers Jours, Gallimard, collection Blanche, 1936)
    • Mettre un cheval dans l’écurie, à l’écurie; un oiseau dans une cage, en cage. — Mettre du foin dans le grenier, au grenier. — Mettre du bois dans la cheminée.
  2. Placer, dans un certain rapport de position, un être animé avec un autre, ou une chose avec une autre, ou un être animé avec une chose.
    • On m’a mis à côté de lui à table.
    • Mettre un gigot à la broche.
    • Mettre des marchandises à bord d’un navire.
    • Mettre la main à la plume.
  3. (Par extension) (Par ellipse) (Vulgaire) En parlant du pénis, permet d’évoquer un rapport sexuel.
    • Tu parles d’une obsédée : tout le temps à raconter comment son mari la lui a mise !
  4. Envoyer, conduire en un lieu, y faire entrer, y établir, en parlant des personnes.
    • La dame Labache ne pouvait indiquer le moment. En raison du changement d’heure, survenu la même nuit, la déposante hésitait : elle avait, en se mettant au lit, retardé sa pendule pour s’épargner la peine d’y penser le lendemain […] — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Mettre un enfant dans un collège, au collège ; dans une pension, en pension; dans une école, à l’école.
    • (Par extension) Mettre quelqu’un dans les affaires, dans le commerce, dans l’industrie.
    • (Par extension) Mettre un enfant en nourrice, en apprentissage.
  5. (Figuré) Établir ; conférer un emploi.
    • Mettre un prince sur le trône.
    • Mettre quelqu’un dans un poste.
  6. Condamner à ; en parlant de certaines peines qu’on inflige, qu’on fait subir.
    • Mettre un homme en prison, au cachot, aux arrêts, à l’amende.
    • Mettre un enfant en pénitence.
  7. (Par extension) Infliger une correction.
    • Pour le mettre ? Tu sais ce que je vais te mettre, moi ?!? — (Maëster, Sœur Marie-Thérèse des Batignolles, La Guère Sainte, Drugstore, 2008, ISBN 978-2226175601)
    • La vache, qu’est-ce que tu lui as mis !
  8. Réduire, en parlant d'une personne.
    • Mettre un homme à la mendicité, en chemise, à sec.
    • Mettre quelqu’un aux abois, à quia, à bout.
    • Mettre un homme à la retraite, en réforme.
  9. Revêtir, enfiler sur soi, en parlant de ce qui sert à l’habillement, à la parure.
    • Mettre sa chemise, son habit, ses souliers, ses gants, son chapeau, etc.
    • Il était simplement mis, mais élégamment vêtu d'un pourpoint de drap violet foncé avec do légères broderies de soie de même couleur. — (Alexandre Dumas, Les Deux Diane, 1847, chap.1)
  10. (Quelquefois) Porter habituellement sur soi.
    • Il ne met pas de manchettes.
  11. (Cuisine) Accommoder, apprêter d’une certaine façon, en parlant des choses qui se mangent.
    • Mettre une carpe à l’étuvée, au bleu, en matelote; un poulet en fricassée; un lièvre en pâté; des épinards au jus; des œufs à la poulette; des fruits en compote.
  12. Placer ou employer d’une certaine manière, en parlant de l’argent qu’on possède.
    • Mettre son argent, ses fonds dans une entreprise industrielle.
    • Mettre son argent en rentes, en viager, à fonds perdu.
    • Il a mis beaucoup d’argent au jeu.
  13. (Agriculture) Ensemencer, planter, employer d’une certaine manière, en parlant des terres.
    • On combat l’ivraie annuelle par des assolements; elle ne repousse pas dans un champ mis en luzerne ou en trèfle; s'il est ensemencé en pois gris ou en vesces, elle se trouve étouffée; enfin, elle périt sous les binages […]. — (Ch. de Bussy, Dictionnaire usuel et pratique d'agriculture et d'horticulture, Paris : Humbert libraire-éditeur, 1863, page 390)
    • Mettre une terre en blé, en orge, en seigle, en avoine. — Il a mis son terrain en vigne, en bois, en jachère.
  14. Écrire sur le papier, dans un livre.
    • Il a mis cette remarque en marge.
    • Il a mis son nom au bas de la lettre.
    • Il fut mis sur la liste.
    • Il mit ses raisons par écrit.
    • Mettre un mot en italiques.
  15. (Au sens physique ou moral) Faire passer d’un état à un autre, en parlant des personnes et des choses — Note : Dans cette acception, le complément est souvent précédé de la préposition en.
    • Mettre une chose en morceaux, en pièces, en poudre, en poussière, en cendre.
    • Mettre une vigne en espalier.
    • Mettre une armée en bataille, en ligne.
    • Mettre du latin en français.
    • Mettre des paroles en musique.
    • Les 180 rescapés qui se trouvaient à bord de l’Ocean Viking ont enfin pu débarquer la nuit dernière à Porto Empedocle, en Sicile, après 11 jours d’une attente inutile qui a mis des vies en danger. — (180 rescapés débarqués cette nuit après 11 jours d’attente insupportable, sosmediterranee.fr, 7 juillet 2020)
  16. (Quelquefois) Ajouter à quelque chose une partie qui y manque.
    • Ça me fait penser à allumer la téloche pour regarder les infos de 9 h. J'attrape la télécommande et je mets la dix. — (Boris Tzaprenko, Noti Flap, vol.2 : Tribulations détectivesques méziguifères, (autoédition), 2013, page 96)
    • Mettre un manche à un balai, un pied à une table, une corde à un violon, un bouton à un habit, une roue à une voiture, un fer à un cheval.
  17. (Par extension) Action, pour un marchand, d’ajouter de la marchandise dans la partie destinée à un client.
    • Alors, ma bonne dame, qu’est-ce que je vous mets ?
    • Alors, conformément à la tradition, vous avez droit à trois vœux… Je vous mets quoi ? — (Maëster, Sœur Marie-Thérèse des Batignolles, Sur la Terre comme au ciel…, Fluide Glacial, 2004, ISBN 978-2858154012)
  18. Employer ses qualités et ses dispositions morales, les manifester dans ses actions, dans ses discours, dans ses ouvrages.
    • Mettre de la bonne foi, de l’adresse, de la réserve, de la modération, du mystère, de la discrétion dans sa conduite.
    • Mettre de la passion, de la haine, du ressentiment, de la colère, de l’injustice dans une action.
    • Mettre de la douceur, de la sévérité, de l’aigreur, de la dureté dans ses discours, dans ses réprimandes.
    • Mettre de la chaleur, de la vivacité dans ses paroles.
    • Mettre de l’esprit, du jugement, du goût, de l’imagination, de l’art, du sentiment dans ses écrits.
    • Mettre de l’âme, de l’expression dans son chant, de l’accent dans son langage.
  19. (Absolument) Miser.
    • Mettre au jeu. : Mettre à la loterie.
  20. (Familier) Admettre, supposer. — Note : Il est alors suivi de que et d'un verbe conjugué à l’indicatif ou au subjonctif.
    • J’étais effrayée, voire sottement hilare à l’idée de papoter sur la météo baskets aux pieds et seins à l’air avec, mettons, Jean-Michel Apoual du chalet d’à côté, sandales aux pieds mais surtout sexe à l’air (que les choses soient claires : c’est impossible de ne pas regarder). — (Johanna Luyssen, « Les Teutons à l’air », Libération, 21 août 2018)
    • Mettez que je n’ai rien dit.
    • Mettons que ce soit vrai.
  21. Faire consister. — Note : Il est alors suivi de la préposition à et d’un verbe à l’infinitif.
    • Mettre sa gloire, son plaisir, son bonheur à faire quelque chose.
    • Je mets mon orgueil à vous imiter.
  22. Faire participer. — Note : Il est alors suivi de la préposition de.
    • On le met de toutes les fêtes, de toutes les corvées.
  23. Faire parler. — Note : Il est alors suivi de la préposition sur.
    • On le mit sur ce chapitre.
  24. Temps nécessaire.
    • Nous avons mis deux heures pour venir
  25. Commencer.
    • Il se met à pleuvoir.
  26. Déposer quelqu’un, au terme d’un déplacement dans un véhicule.
    • La voiture la mit au coin de la petite rue de La Chaise. — (Anatole France, Le Lys rouge, 1894, réédition Le Livre de Poche, page 99)
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Mettre : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

METTRE. (Je mets; nous mettons. Je mis. Je mettrai. Mets. Que je misse. Mettant. Mis.) v. tr.
Placer une personne, ou un animal, ou une chose dans un lieu déterminé. Mettre un malade dans une baignoire. Mettre un mort en terre. Mettre un cheval dans l'écurie, à l'écurie; un oiseau dans une cage, en cage. Mettre du foin dans le grenier, au grenier. Mettre du bois dans la cheminée. Il faut mettre chaque chose en son lieu, à sa place. Par extension, Mettre de l'eau dans du vin, du sel dans un ragoût, du bois dans le feu, au feu. Mettre le pied dans une maison, Y entrer. Je n'ai jamais mis le pied dans cette maison.

METTRE signifie aussi Placer, dans un certain rapport de position, un être animé avec un autre, ou une chose avec une autre, ou un être animé avec une chose. On m'a mis à côté de lui à table. Se mettre à table. Se mettre au lit.' Mettre un enfant à terre, par terre. Mettre quelqu'un hors d'une maison, ou, simplement, le mettre dehors. Mettre un gigot à la broche. Mettre des marchandises à bord d'un navire. Mettre la main à la plume. Mettre le pied à l'étrier. Se mettre en route, en chemin, en voyage. Mettre les chevaux à la voiture. Mettre un mors, une bride, une selle à un cheval. Mettez ces livres ensemble. Mettre un écran devant le feu. Mettre ses pieds sous la table. Mettre l'adresse à une lettre. Mettre la main sur quelqu'un, au collet de quelqu'un. Mettre un tableau dans son jour, Mettre pied à terre. Mettre le pied sur quelque chose. Se mettre sur les rangs. Il ne peut mettre un pied devant l'autre, Il est si faible, si languissant, qu'il ne peut marcher. Fig., Mettre un homme dans l'embarras, dans son tort. Mettre son bonheur, sa gloire dans la vertu. Mettre son espérance dans les bontés de quelqu'un. Mettre en quelqu'un ses affections, ses complaisances. Mettre un homme au-dessus, au-dessous, à côté d'un autre. Mettre quelqu'un au nombre, au rang de ses amis. Mettre quelqu'un à la tête d'une affaire. Mettre des obstacles, des bornes à quelque chose. Mettre le comble à ses bienfaits, à son ingratitude, etc. Il s'emploie aussi, dans les mêmes significations, en un grand nombre de phrases figurées et proverbiales. Mettre à la porte. Mettre la main à l'œuvre, à la pâte. Mettre la main sur la conscience. J'en mettrais ma main au feu. Vous avez mis le doigt sur la plaie, sur le mal. Mettre à quelqu'un le poignard sur la gorge. Mettre les fers au feu. Mettre le feu aux poudres. Mettre le nez dans les affaires, dans les livres. Mettre une question sur le tapis. Mettre quelqu'un dans de beaux draps. Mettre quelqu'un au tombeau. Cette nouvelle l'a mis aux champs. Mettre quelqu'un hors de combat, hors des gonds. Mettre quelque chose sur le compte, sur le dos de quelqu'un. Mettre la charrue avant les bœufs. Mettre quelqu'un sur la voie. Mettre un homme sur les dents. Mettre une armée sur pied. Mettre quelqu'un au pied du mur. Mettre le marché à la main à quelqu'un. Fig. et pop., Mettre quelqu'un dedans, Le tromper.

METTRE, en parlant des Personnes, signifie souvent Envoyer, conduire en un lieu, y faire entrer, y établir. Mettre un enfant dans un collège, au collège; dans une pension, en pension; dans une école, à l'école. Il a mis son fils chez un notaire, chez un avoué. Par extension, Mettre quelqu'un dans les affaires, dans le commerce, dans l'industrie. Mettre un enfant en nourrice, en apprentissage. Fig., Mettre un prince sur le trône, L'y établir. Mettre quelqu'un dans un poste, Lui conférer un emploi. Mettre au monde un enfant, Lui donner naissance. Fig., Ne savoir où se mettre, Être embarrassé de sa contenance. Se mettre à quelque chose, S'en occuper. Je me suis mis au travail, à l'étude. Je n'ai pas renoncé à cet ouvrage, je m'y mettrai incessamment. Se mettre à tout, Se rendre utile en toute occasion, ne se refuser à rien. Se mettre à deux, à trois pour faire quelque chose, Se réunir deux ou trois. Se mettre à, suivi d'un infinitif, marque ordinairement le Commencement d'une action. Dès qu'on lui en parle, il se met à pleurer. Aussitôt il se mit à parler tout bas. Tout le monde se mit à rire, à crier. Il s'est mis tout de bon à étudier.

METTRE se dit aussi en parlant de Certaines peines qu'on inflige, qu'on fait subir. Mettre un homme en prison, au cachot, aux arrêts, à l'amende. Mettre un enfant en pénitence. Mettre un prince, une ville au ban de l'Empire signifiait autrefois Déclarer qu'ils ont encouru la déchéance et autres peines prononcées par les lois de l'Empire. Voyez BAN. Fig., Mettre quelqu'un au ban de l'opinion, de l'Europe, de l'Humanité, Le dénoncer au mépris public dans son pays, dans l'Europe, dans le monde entier.

METTRE, en parlant des Personnes, s'emploie aussi dans le sens de Réduire ou en un sens voisin. Mettre un homme à la mendicité, en chemise, à sec. Mettre quelqu'un aux abois, à quia, à bout. Mettre un homme à la retraite, en réforme. Mettre à pied. On dit à peu près dans le même sens Se mettre au régime, Se mettre au lait, Commencer à user de régime, à faire usage de lait. Il s'emploie quelquefois, dans le même sens, en parlant des Choses. Mettre une fontaine à sec.

METTRE, en parlant de Ce qui sert à l'habillement, à la parure, signifie Le revêtir, le mettre sur soi. Mettre sa chemise, son habit, ses souliers, ses gants, son chapeau, etc.

SE METTRE signifie absolument S'habiller. Cet homme se met d'une façon négligée. Il ne sait pas se mettre. Votre frère se met avec goût. Cette femme se met avec élégance. Il se met ordinairement en noir. Bien mis, mal mis, Bien vêtu, mal vêtu. Il signifie quelquefois Porter habituellement sur soi. Il ne met pas de manchettes. Mettre sur soi tout ce qu'on gagne, Le dépenser en parures.

METTRE, en parlant des Choses qui se mangent, signifie Les accommoder, les apprêter d'une certaine façon. Mettre une carpe à l'étuvée, au bleu, en matelote; un poulet en fricassée; un lièvre en pâté; des épinards au jus; des œufs à la poulette; des fruits en compote.

METTRE, en parlant de l'Argent qu'on possède, signifie Le placer, l'employer d'une certaine manière. Mettre son argent, ses fonds dans une entreprise industrielle. Mettre son argent en rentes, en viager, à fonds perdu. Il a mis une partie de son argent en chevaux, en bijoux. Il a mis beaucoup d'argent au jeu. Absolument, Mettre au jeu, Déposer son enjeu. Mettre à la loterie, Prendre un billet de loterie. Mettre du sien, Faire quelque sacrifice d'argent. Il voudrait entrer dans cette affaire sans y mettre du sien. Cette affaire s'annonce bien pour l'avenir, mais en attendant j'y mets du mien. Fig., Mettre du sien, Faire quelque concession. Si l'on veut s'entendre, il faut que chacun y mette du sien. Pour d'autres sens figurés de cette expression, voyez SIEN.

METTRE, en parlant des Terres, signifie Les ensemencer, les planter, les employer d'une certaine manière. Mettre une terre en blé, en orge, en seigle, en avoine. Il a mis son terrain en vigne, en bois.

METTRE se dit en parlant de Ce qu'on écrit sur le papier, dans un livre. Il a mis cette remarque en marge. Il a mis son nom au bas de la lettre. Il fut mis sur la liste. Il mit ses raisons par écrit. Mettre en italiques.

METTRE se dit encore, au sens physique et au sens moral, en parlant des Personnes et des choses qu'on fait passer d'un état à un autre et, dans cette acception, le complément est souvent précédé de la préposition en. Mettre une chose en morceaux, en pièces, en poudre, en poussière, en cendre. Mettre une vigne en espalier. Mettre une armée en bataille, en ligne. Mettre une pensée en vers. Mettre du latin en français. Mettre des paroles en musique.

METTRE signifie quelquefois Ajouter à quelque chose une partie qui y manque. Mettre un manche à un balai, un pied à une table, une corde à un violon, un bouton à un habit, une roue à une voiture, un fer à un cheval. Mettre du temps, Employer un certain temps. J'ai réussi, mais j'y ai mis le temps. Virgile mit douze ans à composer son Énéide.

METTRE, en parlant de Qualités et de dispositions morales, signifie Les employer, les manifester dans ses actions, dans ses discours, dans ses ouvrages. Mettre de la bonne foi, de l'adresse, de la réserve, de la modération, du mystère, de la discrétion dans sa conduite. Mettre de la passion, de la haine, du ressentiment, de la colère, de l'injustice dans une action. Mettre de la douceur, de la sévérité, de l'aigreur, de la dureté dans ses discours, dans ses réprimandes. Mettre de la chaleur, de la vivacité dans ses paroles. Mettre de l'esprit, du jugement, du goût, de l'imagination, de l'art, du sentiment dans ses écrits. Mettre de l'âme, de l'expression dans son chant, de l'accent dans son langage.

METTRE, dans quelques phrases, a pour complément direct un substantif non précédé de l'article. Mettre fin à une affaire, à un ouvrage. Mettre ordre à ses affaires. J'y mettrai bon ordre. Mettre obstacle, mettre empêchement à quelque chose.

METTRE, suivi des prépositions en ou à, s'emploie, tant au propre qu'au figuré, en parlant des Personnes ou des choses, dans un nombre considérable de locutions, où il a un sens plus ou moins rapproché, plus ou moins éloigné de sa signification primitive. Nous allons en citer un certain nombre d'exemples.

METTRE, avec en. Mettre quelqu'un en colère, en fureur, en peine, en gaieté, en joie, en bonne ou en mauvaise humeur. Mettre quelqu'un ou quelque chose en danger, en péril. Cette action l'a mis en faveur, en crédit, en honneur, en réputation, en vogue. Mettre sa conscience en repos. Mettre ses affaires en ordre. Mettre quelqu'un en avant, en frais, en dépense. Mettre une armée en campagne, en déroute, en fuite, en désordre, en désarroi. Mettre une terre en valeur, une maison en vente. Mettre une parole en oubli. Mettre une chose en œuvre, en ligne de compte, en état, en évidence, en sûreté, en question, en doute, en délibération, en fait. Mettre un homme en cause, en jugement. Mettre quelqu'un ou quelque chose en mouvement, en train, en repos. Mettre de l'argent en dépôt, des effets en gage. Mettre en état de siège. Mettre quelque chose en tête à quelqu'un.

METTRE, avec à. Mettre une affaire à jour. Mettre une ville à contribution. Mettre une chose à profit, à exécution. Mettre à bout. Mettre quelqu'un à même de... à portée de... Mettre quelqu'un à couvert. Mettre à prix la tête de quelqu'un. Mettre une chose à haut prix, à bas prix. Mettre un homme à terre, un homme à mort, etc.

METTRE, avec à, suivi de l'article. Mettre un homme à la raison, à l'épreuve. Mettre une ville au pillage. Mettre un cheval au pas, au trot, au galop. Mettre un écrit au net. Mettre les choses au pis. Mettre quelqu'un au fait. Mettre deux personnes aux mains, aux prises. Mettre quelqu'un ou quelque chose à l'abri, à l'écart. Mettre quelqu'un au régime. Mettre un malade au lait. Mettre une chose à l'enchère, à l'encan. Mettre quelque chose à la discrétion de quelqu'un.

METTRE, avec à, suivi d'un verbe à l'infinitif, signifie Faire consister. Mettre sa gloire, son plaisir, son bonheur à faire quelque chose. Je mets mon orgueil à vous imiter.

METTRE, avec la préposition de, signifie Faire participer. On le met de toutes les fêtes, de toutes les corvées.

METTRE, avec la préposition sur, signifie Faire parler. On le mit sur ce chapitre.

METTRE se construit aussi avec certains adverbes, de manière à former un sens particulier. Ils avaient de la peine à se rapprocher, je les ai mis bien ensemble, Je les ai réconciliés. La jalousie les a mis mal ensemble, Les a brouillés. Cette chienne a mis bas, Elle a fait des petits. Ce cerf a mis bas, a mis sa tête bas, Il s'est dépouillé de son bois, son bois est tombé. Mettre habit bas, Ôter son habit. Mettre ses habits bas, Se déshabiller. Mettre bas son chapeau, ou Mettre chapeau bas, ôter son chapeau. Mettre pavillon bas, Baisser le pavillon pour annoncer qu'on se rend. Fam., METTRE, avec que et l'indicatif ou le subjonctif, signifie Admettre, supposer. Mettez que je n'ai rien dit. Mettons que ce soit vrai.

METTRE s'emploie quelquefois sans complément direct. Mettre de côté, Épargner son revenu, amasser de l'argent.

METTRE s'emploie dans plusieurs locutions spéciales à la Marine. Mettre un vaisseau à la mer, à flot, à la cape, en panne. Mettre tout au vent. Mettre vent en poupe. Mettre les voiles dedans. Mettre les voiles dehors, toutes voiles dehors. Mettre le cap en route. Etc. Voir, pour l'explication, les mots MER, FLOT, CAPE, PANNE, etc. Absolument, Mettre à la mer, Mettre à la voile.

METTRE s'emploie aussi avec le pronom personnel, dans la plupart des acceptions où il a pour sujet un nom de personne. Se mettre à la place de quelqu'un, au-dessus de quelqu'un. Se mettre à table. Se mettre au soleil, au jour, devant la cheminée, derrière la porte. Se mettre dans les affaires. Se mettre aux pieds de quelqu'un. Je me mettrais au feu, je me mettrais en quatre pour lui. Se mettre en danger, en évidence, en sûreté, à l'abri, à l'écart, à couvert. Se mettre en garde, en défense. Se mettre à la suite d'une personne. Se mettre en pension, en apprentissage, en service. Se mettre en eau, en sueur, en nage. Se mettre en crédit, en renom, en réputation. Se mettre en colère, en fureur, en peine. Se mettre de mauvaise humeur. Se mettre en humeur de faire quelque chose. Se mettre en repos, en mouvement, en train, en avant, en frais, en jeu. Se mettre en retard. Se mettre à portée, à même, en état de faire une chose. Se mettre au fait d'une chose. Se mettre sur les rangs. Se mettre bien, se mettre mal avec quelqu'un. Se mettre en course, en route, en chemin, en voyage. Se mettre sur le pied de faire telle chose. Etc. Mettez-vous là, Asseyez-vous, prenez place. Pop., Se mettre avec une femme, Vivre maritalement avec elle.

Mettre : définition du Littré (1872-1877)

METTRE (mè-tr'), je mets, tu mets, il met, nous mettons, vous mettez, ils mettent ; je mettais ; je mettrai ; je mettrais ; je mis ; mets, qu'il mette, mettons, mettez, qu'ils mettent ; que je mette, que nous mettions ; que je misse ; mettant ; mis v. a.

Résumé

  • 1° Faire occuper par quelqu'un ou par quelque chose un endroit déterminé.
  • 2° Emplois de mettre en termes de marine.
  • 3° Par extension, mêler quelque chose à une autre chose.
  • 4° Reconduire jusqu'à un certain endroit.
  • 5° Mettre dehors, congédier, renvoyer.
  • 6° Placer dans un certain rapport de position.
  • Fig. Il se dit des choses abstraites, intellectuelles, morales que l'on met comme on ferait de choses matérielles.
  • 8° Ajouter à quelque chose une partie qui y manque.
  • 9° Mettre dans une certaine disposition physique, avec un nom de chose pour sujet.
  • 10° Mettre, en parlant des personnes, envoyer, conduire en un lieu, y faire entrer, y établir.
  • 11° En parlant de ce qui sert à l'habillement, à la parure, revêtir.
  • 12° Accommoder, apprêter, en parlant de choses qui se mangent.
  • 13° Placer, employer d'une certaine manière, en parlant d'argent.
  • 14° Il se dit de ce qu'on écrit sur le papier, dans un livre.
  • 15° Il se dit de certaines peines qu'on inflige.
  • 16° Fig. Employer, manifester, en parlant de qualités morales, intellectuelles.
  • 17° Fig. Sacrifier.
  • 18° Mettre du temps, employer un certain temps.
  • 19° Mettre construit avec un substantif sans article : mettre fin, mettre obstacle, etc.
  • 20° Mettre construit avec la préposition à.
  • 21° Mettre avec, mettre au même rang.
  • 22° Mettre dans, faire participer à, faire part de.
  • 23° Mettre avec la préposition de, faire participer à, faire entrer dans.
  • 24° Mettre en, au sens physique et au sens figuré.
  • 25° Mettre pour, regarder comme, prendre pour.
  • 26° Mettre sur, faire parler.
  • 27° Mettre bas, déposer à terre, etc.
  • 28° Mettre construit avec l'infinitif d'un autre verbe, sans préposition intermédiaire.
  • 29° Mettre bien ensemble, réconcilier.
  • 30° Mettre, en termes de manége.
  • 31° En horticulture, mettre un arbre à fruit.
  • 32° Mettre en feu, mettre hors, en métallurgie.
  • 33° Mettre, en termes de construction.
  • 34° Mettre en cire.
  • 35° Mettre, pris absolument et sans complément direct.
  • 36° Mettre, sans complément, en termes de marine.
  • 37° Se mettre, v. réfl. Occuper un certain lieu.
  • 38° Se mettre, s'habiller.
  • 39° Se mettre en, recevoir une certaine disposition.
  • 40° Fig. Se mettre à, désignant vaguement quelque situation, quelque occupation.
  • 41° Se mettre dans, s'occuper d'une chose.
  • 42° Se mettre avant à quelque chose, en parler longuement.
  • 43° Fig. Se mettre sur, prendre une certaine manière, et aussi commencer à parler de.
  • 44° Se mettre bien auprès de quelqu'un, se concilier sa bienveillance.
  • 45° Populairement, se mettre avec une femme.
  • 46° Se mettre de, se joindre à, s'associer à.
  • 47° Se mettre à fruit, en parlant d'un arbre.
  • 48° Se mettre, être mis, occuper un certain lieu, avec un nom de chose pour sujet.
  • 49° Se mettre, se dit de choses qui font invasion, irruption.
  • 1Faire occuper par quelqu'un ou par quelque chose un endroit déterminé. Mettre un cheval dans l'écurie. Mettre du bois dans la cheminée. Il se saisit du port, il se saisit des portes, Met des gardes partout, et des ordres secrets, Corneille, Pomp. III, 1. [Il] Lui met le fer au sein que mourant il y laisse, Rotrou, Antig. III, 2. Nous courons sans souci dans le précipice, après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir, Pascal, Pens. t. I, p. 300, éd. LAHURE. C'est lui mettre moi-même un poignard dans le sein, Racine, Andr. II, 5. Qu'on mette ensemble et dans un même lieu un grand nombre d'animaux de même espèce, il en résultera nécessairement un certain arrangement, un certain ordre, de certaines habitudes communes, Buffon, Disc. nat. anim. Œuvres, t. V, p. 374.

    Fig. Elle n'est pas encore où son espoir la met, Th. Corneille, Ariane, V, 5.

    Mettre couteau sur table, se préparer à faire bonne chère.

    Fig. Mettre dedans, voy. DEDANS, n° 1.

    Mettre dans de beaux draps blancs, voy. DRAP, n° 3.

    Mettre de la paille dans ses souliers, ou plus usuellement, mettre du foin dans ses bottes, amasser beaucoup d'argent dans un emploi, y faire bien ses affaires.

    Mettre au cabinet, voy. CABINET, n° 9.

    Fig. Mettre de l'argent du côté de l'épée, voy. ÉPÉE, n° 1.

    Mettre le pied dans une maison, y entrer.

    Il ne saurait mettre un pied devant l'autre, il est si faible, si languissant qu'il ne saurait marcher.

    Mettre sous les yeux, placer quelque chose devant quelqu'un de manière qu'il puisse voir, lire, examiner la chose.

    Fig. Mettre sous les yeux, mettre aux yeux, faire remarquer, présenter. Je lui mettais aux yeux comme de notre temps Cette soif [d'écrire] a gâté de fort honnêtes gens, Molière, Mis. I, 2. Vous devriez leur mettre un bon exemple aux yeux, Molière, Tart. I, 1.

    Fig. Mettre aux mains, rendre possesseur. Des aïeux de Décie on vante la mémoire ; Et ce nom, précieux encore à vos Romains, Au bout de six cents ans lui met l'empire aux mains, Corneille, Poly. IV, 3.

  • 2 Terme de marine. Mettre à la mer, lancer un navire à l'eau.

    Mettre à la bande, faire incliner un navire sur un de ses côtés, pour visiter, nettoyer, réparer l'autre côté de sa carène. Après avoir fait à Caillery ce que j'y devais faire, j'ai mis à la bande pour nettoyer nos vaisseaux, Lettre de du Quesne, 1680, dans JAL.

    Mettre en chantier, mettre sur les chantiers où devra être construit un navire, la quille de ce navire ; c'est commencer la construction d'un bâtiment.

    Mettre les voiles en ciseaux dans un bâtiment latin ou dans une embarcation, border l'une à bâbord, l'autre à tribord, si bien que, le vent venant de l'arrière, toutes deux fonctionnent également bien et sans se nuire.

    Mettre sur le nez, charger un navire de l'avant, et, par cette surcharge, changer sa ligne de flottaison, et faire enfoncer sa proue dans l'eau plus qu'il ne convient, Jal

    Mettre sur cul un navire, charger le navire de telle sorte que sa poupe s'enfonce dans l'eau plus qu'il ne convient.

    Mettre tout dehors, ou toutes voiles dehors, mettre au vent tout ce qu'un navire peut porter de voiles pour accélérer sa marche.

    Mettre la barre à bord, pousser la barre du gouvernail contre le bord du navire pour forcer le bâtiment de tourner vivement sa proue du côté opposé à celui où la barre est mise.

    Mettre l'ancre à poste, mettre l'ancre levée au poste qu'elle doit occuper.

    Mettre un navire à la côte, l'échouer.

    Fig. Mettre à la côte, se dit des personnes et des choses qu'on met de côté, hors de service.

  • 3 Par extension, mêler quelque chose à une autre chose. Mettre de l'eau dans du vin. Mettre quelques gouttes de laudanum dans une potion. Mettre du sel dans un ragoût.

    Fig. Mettre de l'eau dans son vin, céder, baisser le ton.

  • 4Reconduire jusqu'à un certain endroit. De Pompée en ces lieux savez-vous ce qu'on dit ? L'avez-vous mis fort loin au delà de la porte ? - Comme assez près des murs il avait son escorte, Je me suis dispensé de le mettre plus loin, Corneille, Sert. IV, 3.
  • 5Mettre dehors, congédier, renvoyer, en parlant d'un domestique, d'un employé, etc. Il suffit que j'aime ce garçon, Monsieur le met dehors, Marivaux, Pays. parv. 6e part.
  • 6Placer dans un certain rapport de position. On m'a mis à côté de lui à table. Mettre un fardeau à terre. Mettre un écran devant le feu. Mettez vos livres avec les miens. Martine : J'ai quatre pauvres petits enfants sur les bras. - Sganarelle : Mets-les à terre, Molière, Médecin malgré lui, I, 1. Il fallait entre vous mettre un plus grand espace, Et que le ciel vous mît, pour finir vos discords, L'un parmi les vivants, l'autre parmi les morts, Racine, Théb. V, 2.
  • 7 Fig. Il se dit des choses abstraites, intellectuelles, morales que l'on met comme on ferait de choses matérielles. Cette seule faveur est tout ce que je veux, Et c'est là que j'ai mis le comble de mes vœux, Mairet, Mort d'Asdrub. II, 1. L'espoir de son salut en lui seul était mis, Corneille, Pomp. I, 1. Madame, vous voyez avec quels sentiments Je mets ce grand obstacle à vos contentements, Corneille, Perth. I, 3. Et qui peut attendre si tard à répondre aux grâces divines, Met son salut en grand hasard, Corneille, Imit. I, 23. Je renvoie Hermione, et je mets sur son front Au lieu de ma couronne un éternel affront, Racine, Andr. III, 7. Elle n'ignore ni votre naissance, ni vos aventures, ni ce que les dieux ont mis en vous, Fénelon, Tél. XXII. Ceux qui n'ont pas su mettre quelques jours sérieux dans toute leur course, quelque intervalle entre la vie et la mort, Massillon, Carême, Mot. de conv. La tyrannie d'un prince ne met pas un État plus près de sa ruine que l'indifférence pour le bien commun n'y met une république, Montesquieu, Rom. 4. Vous avez mis la mort dans ce cœur outragé, Voltaire, Adél. du Guesclin. III, 3. Je mettrais mon devoir dans l'infidélité ! Voltaire, Tancr. I, 6. Faudra-t-il que sa fille Mette à son tour le deuil, le trouble en sa famille ? Ducis, Abufar, I, 1.

    Mettre à quelqu'un quelque chose dans la tête, lui faire prendre quelque résolution, lui suggérer quelque désir. Il lui a mis dans la tête de se retirer à la campagne.

    On dit dans le même sens : mettre dans le sein. Veillé-je ? puis-je croire un semblable dessein ? Quel dieu, seigneur, quel dieu l'a mis dans votre sein ? Racine, Phèd. II, 2.

    Se mettre quelque chose dans la tête, s'en souvenir, en prendre la résolution. Adieu, monsieur, mettez-vous en tête que vous n'aurez jamais ma fille, Hauteroche, Crisp. médec. I, 3. Mettez-vous un peu tout cela dans la tête, c'est par là d'ordinaire qu'on en vient à l'exécution, Sévigné, 5 avril 1680.

    Il se dit des personnes qui sont dans quelque condition abstraite, morale, comme on serait dans une condition matérielle. Vous l'avez mis dans son tort, dans l'embarras. Mettre quelqu'un à la tête d'une entreprise. Mettre quelqu'un dans les intérêts de, lui inspirer de la bonne volonté pour. Vous m'avez si bien mise dans les intérêts de M. de Levi, que je suis fâchée du dégoût qu'on lui donne, Maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 2 sept. 1716.

    Mettre la paix, voy. PAIX.

    Mettre aux pieds, voy. PIED.

  • 8Ajouter à quelque objet une partie qui y manque. Mettre un manche à un balai Mettre le comble à un bâtiment. Mettre un fer à un cheval.

    Mettre les chevaux à la voiture, atteler. Et à toi, de mettre les chevaux au carrosse sans ma permission, Hauteroche, le Coch. 5.

    Absolument. Les chevaux sont mis, la voiture est attelée. …Elle sait même aussi que vos chevaux sont mis, De Bièvre, Séducteur, II, 3.

  • 9Mettre dans une certaine disposition physique, avec un nom de chose pour sujet. La pauvre femme [Mme de la Fayette] était très malade d'une colique cruelle, qui l'a mise dans une grande faiblesse, Sévigné, 28 déc. 1689.
  • 10Mettre, en parlant des personnes, envoyer, conduire en un lieu, y faire entrer, y établir. On me mit dans une belle chambre. Mettre un enfant au collége, dans un collége. Il a mis son fils chez le notaire. J'ai vu votre sœur à la campagne ; on est fort content d'elle, où je l'ai mise, Marivaux, Marianne, 3e part.

    Par extension, mettre un enfant en nourrice, en apprentissage, en métier.

    Mettre une personne auprès de quelqu'un, la lui donner pour compagnon ou compagne, pour maître ou maîtresse, pour domestique. Je veux mettre auprès de vous Frontin, le laquais de mon cousin, Lesage, Turcar. II, 5. Je vous ai mise auprès d'elle, non-seulement pour cultiver son cœur et son esprit et lui donner des talents agréables, mais surtout pour me dire la vérité, Genlis, Théât. d'éduc. l'Enfant gâté, I, 1.

    Fig. Mettre un prince sur le trône, l'y établir. Et les destins l'ont mis Au trône de Cresphonte, au trône de mon fils, Voltaire, Mérope, II, 6.

    Mettre quelqu'un dans un poste, lui conférer un emploi.

    Mettre dans, établir dans. Mme de la Fayette doit être parfaitement contente d'avoir mis son fils dans une si grande et honorable alliance, Sévigné, 28 déc. 1689.

    Mettre dans le monde, mettre au monde, voy. MONDE.

    Mettre au jour, voy. JOUR, n° 1.

  • 11En parlant de ce qui sert à l'habillement, à la parure, revêtir. Mettre sa chemise, son habit, son chapeau, etc. Vous m'avez envoyé des bas de soie si étroits, que j'ai eu toutes les peines du monde à les mettre, Molière, Bourg. gent. II, 8. Mme de Lavardin fait présent à Mme de Bury d'une robe noire, d'une jupe, d'un mouchoir de point avec les manchettes, tout cela prêt à mettre, Sévigné, 17 janv. 1680.

    Il signifie quelquefois porter habituellement. Il ne met plus que des bottes.

    Mettre un habit à quelqu'un, l'en revêtir. Mettez cet habit à Monsieur de la manière que vous faites aux personnes de qualité, Molière, Bourg. gent. II, 9.

    Mettre sur soi tout ce qu'on gagne, le dépenser en parures. C'est que je joue ; et, comme je suis fort heureux, je mets sur moi tout l'argent que je gagne, Molière, l'Avare, I, 5.

    Mettre en chemise, et, anciennement, mettre en pourpoint, réduire à la misère. Le roi François ne faillit point Quand il prédit que ceux de Guise Mettraient ses enfants en pourpoint Et tous ses sujets en chemise, Épigr. contre les Guise, dans la Satire Ménippée.

    Mettre en blanc, dévaliser.

    On dit du porc, qu'il a tout mis, quand toutes ses dents sont venues.

  • 12En parlant des choses qui se mangent, les accommoder, les apprêter d'une certaine façon. Mettre une carpe au bleu, en matelote. Mettre un lièvre en pâté, des fruits en compote. Et le turbot fut mis à la sauce piquante, Berchoux, Gastron.
  • 13Placer, employer d'une certaine manière, en parlant d'argent. Mettre son argent à la caisse d'épargne, dans une manufacture, à fonds perdu. Non, mon petit ami, croyez-moi, n'allez point mettre là de l'argent ; je vous fais faire d'ailleurs tant de dépenses inutiles, Dancourt, la Femme d'intrigues, V, 5.

    Mettre de l'argent à la grosse aventure, voy. AVENTURE, n° 3.

    Mettre à intérêt, placer de l'argent de manière qu'il produise intérêt. Si vous êtes heureux au jeu, vous devriez en profiter, et mettre à honnête intérêt l'argent que vous gagnez, Molière, l'Avare, I, 5.

    Mettre au jeu, déposer son enjeu.

    Mettre à la loterie, prendre un billet de loterie. On faisait de temps en temps de petites loteries de bijoux ; le chevalier de Grammont y mettait toujours, Hamilton, Gramm. IV.

  • 14Il se dit de ce qu'on écrit sur le papier, dans un livre. Il a mis cette remarque à la marge. Tite-Live a mis dans son histoire qu'on ne sait comment Romulus disparut. Vous savez que, le père du cardinal Mazarin étant mort à Rome, on mit dans la gazette de Rome : Nous apprenons de Paris que le seigneur Pierre Mazarin, père du cardinal, est mort ici, Voltaire, Lett. d'Alembert, 18 janv. 1763.

    Mettre quelqu'un dans un livre, dans un journal, parler de quelqu'un dans un livre, dans un journal. Quiconque se pend à Londres, ou se noie, ou se tire un coup de pistolet, est mis dans la gazette, Voltaire, Polit. et législ. comm. Espr. des lois, climat.

    Mettre dans une lettre, dans un écrit, exprimer dans une lettre, dans un écrit. Il a mis dans sa lettre beaucoup de compliments pour vous. Mettez dans votre lettre à M. le Prince que vous auriez pu lui faire parler par M. le cardinal de Noailles, Maintenon, Lettre à Mme de la Viefville, 31 déc. 1705.

    Absolument. Voilà pourquoi il a mis qu'il m'a offensée, Marivaux, Marianne, 4e p.

    Mettre au bas, quand il s'agit d'une lettre, terminer une lettre par une formule de politesse qui doit varier selon le rang des personnes à qui l'on écrit. L'Académie, qui voulait répondre en corps, afin que la lettre eût plus d'effet en faveur de la veuve, se trouva en peine comment elle mettrait au bas, Pellisson, Hist. de l'Acad. IV.

    Mettre quelqu'un sur une liste, l'inscrire dans une liste. Que, si elle m'avait nommé, il m'aurait mis volontiers sur la liste qu'il avait présentée au roi, Marmontel, Mém. V.

    Mettre un événement à une date, dans telle année, le rapporter à cette date, à telle année. Valère Maxime met l'époque du luxe à l'abrogation de cette loi [la loi oppienne, contre le luxe], Montesquieu, Esp. VII, 14.

    Mettre en écrit ou par écrit, rédiger, écrire. Une autre fois je mettrai mes raisonnements par écrit pour disputer avec vous, Molière, D. Juan, I, 2.

    Mettre en, traduire. Je vous envoie une lettre que j'ai mise en français, Bossuet, Lett. 154.

    Familièrement. Mettre en français, corriger les fautes d'une rédaction incorrecte. Sa pétition était très mal rédigée ; je l'ai mise en français.

    Mettre en vers, écrire en vers quelque chose qui est écrit en prose. Je travaille à mettre en madrigaux toute l'histoire romaine, Molière, Préc. 10. Villers, comédien de l'hôtel de Bourgogne, mit le Festin de Pierre en vers, et il eut quelque succès à ce théâtre, Voltaire, Vie de Molière.

    Mettre en dialogue, rédiger sous forme de dialogue. Shakespeare a pris toutes ses tragédies de l'histoire ou des romans, et il n'a fait que mettre en dialogues le roman de Claudius, de Gertrude et d'Hamlet, écrit tout entier par Saxon le grammairien, à qui gloire soit rendue, Voltaire, Mél. litt. Théâtre angl.

  • 15Il se dit de certaines peines qu'on inflige. Mettre un homme en prison, au pilori, aux fers. Il fut mis à l'amende. Mettre un enfant en pénitence.

    Mettre au ban de l'Empire, voy. BAN, n° 5.

    Mettre à mort, faire périr soit à la suite d'un jugement, soit par la volonté d'un homme puissant. Néron fit mettre à mort sa mère. Avec une fausse conscience que ne firent pas les Juifs ? ils crucifièrent le saint des saints, ils mirent à mort Jésus-Christ, Bourdaloue, Sur la fausse consc. 1er avent, p. 165.

  • 16 Fig. Employer, manifester, en parlant de qualités morales, intellectuelles. Mettre de la passion, de la colère dans une action. Mettre de l'âme, de l'expression dans son chant. Mettre du mystère dans sa conduite. Mettez votre gloire dans la simplicité, Fénelon, Tél. XXIV. Charles, après cinq années et quelques mois de séjour en Turquie, en partit sur la fin d'octobre en 1714 ; on sait qu'il mit dans son voyage la même singularité qui caractérisait toutes ses actions, Voltaire, Russie, II, 5. Ce n'est pas assez que vous sachiez mettre de la vérité dans vos raisonnements, il faut encore que vous sachiez mettre de la sagesse dans vos actions, Diderot, Opin. des anc. philos. (épicurisme).
  • 17 Fig. Sacrifier. Ce que chez vous nous voyons estimer N'est pas un roi qui ne sait point aimer, C'est un mortel qui sait mettre sa vie Pour son ami…, La Fontaine, Fabl. XII, 15. Ils ont mis leur repos, leur santé, pour avoir ces richesses, La Bruyère, VI.

    Mettre le tout pour le tout, risquer toute chose.

    Mettre du sien, faire quelque sacrifice d'argent. Les gens de delà l'eau, et ceux en deçà se cotisent et mettent chacun du leur, La Bruyère, XII. Peut-être croyez-vous que je fais mes affaires ; La vérité pourtant est que j'y mets du mien, Collin D'Harleville, Vieux célib. II, 3.

    Par extension. Mettre du sien, prendre de la peine, employer son travail à quelque chose. Ceux qui savent ce que c'est que de déchiffrer ces anciens textes ne diront pas que M. Leibnitz n'a mis du sien dans le Codex diplomaticus que sa belle préface, Fontenelle, Leibnitz.

    Fig. Mettre du sien, faire des concessions. Si l'on veut s'entendre, il faut que chacun mette du sien.

    Fig. Mettre du sien, signifie aussi ajouter à une histoire, l'enjoliver, l'exagérer. Tout cela n'est pas fort exact ; il a mis beaucoup du sien.

  • 18Mettre du temps, employer un certain temps. Il a mis deux heures à faire cette copie. Virgile commença aussitôt son Énéide, il y mit onze ou douze ans, Rollin, Hist. anc. liv. XXV, 1, 2, § 2. La flotte d'Alexandre mit sept mois pour aller de Patale à Suse, Montesquieu, Esp. XXI, 9. Je mis à ce voyage une quinzaine de jours, que je peux compter parmi les heureux de ma vie, Rousseau, Conf. IV. Populairement. Ne mettre guère, n'être pas longtemps. On dit : allez-vous-en chez un tel, et ne mettez guère, pour dire : ne soyez pas longtemps, ou ne demeurez guère ; à la vérité, cette façon de parler est française, mais si basse que je n'en voudrais pas user, Vaugelas, Rem. t. II, p. 754, dans POUGENS.
  • 19Mettre, construit avec un substantif sans article. Mettre fin, terminer. Mettre obstacle, s'opposer. Mettre remède, remédier. Si dans son composé quelqu'un trouve à redire, Il peut le déclarer sans peur, Je mettrai remède à la chose, La Fontaine, Fabl. I, 7.

    Mettre ordre, voy. ORDRE.

  • 20Mettre, construit avec la préposition à. Mettre une ville à contribution. Mettre un homme à terre. Mettre à fin une entreprise.

    Mettre à bas, abaisser, humilier. J'ai de quoi mettre à bas votre orgueil et détruire vos artifices, Molière, G. Dand. III, 8.

    Mettre à bout, épuiser la patience, pousser à toute extrémité. Ah ! juste ciel ! cela se peut-il demander ? Et n'est-ce pas pour mettre à bout une âme ? Molière, Amph. II, 6.

    Mettre à mal, vaincre, faire céder. Mettre une femme à mal, la séduire.

    Mettre à feu et à sang, tuer et brûler. On mit à feu et à sang tout ce qui se rencontra dans les villes ou dans la campagne, sans aucune distinction d'âge ou de sexe, Fléchier, Hist. de Théodose, I, 32.

    Mettre à tous les jours, voy. JOUR, n° 4.

    Mettre à, mettre en train de. Nos conversations sont infinies [avec M. de Guitaut] : il aime à causer, et, quand on me met à causer, je ne fais pas trop mal aussi, Sévigné, 21 août 1677.

    Nommer à. Il [l'archevêque de Paris] a emporté contre les commissaires qui avaient la conscience plus délicate que lui, que le roi peut mettre des abbesses à plusieurs couvents de filles, Sévigné, t. X, p. 550, édit. RÉGNIER. Il [Colbert] n'attacha point de traitement aux places de votre Académie, de peur, disent les mémoires du temps, que les courtisans n'y voulussent mettre leurs valets ; hélas ! ils font bien pis, ils s'y mettent eux-mêmes, Courier, Lettre à MM. de l'Académie.

    En parlant d'une personne, employer à. C'est une fille de ma mère nourrice que j'ai mise à la chambre, et elle est toute neuve encore, Molière, Comtesse, 4.

    Mettre un homme à, l'amener à, le mettre en position de. Le plus court moyen est de mettre les gens à voir clairement leurs intérêts à vous faire du bien, La Bruyère, VI.

    Employer à, en parlant d'une chose. Mais l'amitié demande un peu plus de mystère, Et c'est assurément en profaner le nom Que de vouloir le mettre à toute occasion, Molière, Mis. I, 2. Vous ne voulez donc pas qu'on dise vapeurs ? mais que ferons-nous, si vous ôtez ce mot ? car on le met à tout, Sévigné, 22 avr. 1689. Inconstance qui ne met la raison à rien, Massillon, Carême, Inconst.

    Mettre au hasard, exposer, risquer. Un prince qui met sa cause au hasard de la guerre, n'ignore pas qu'il court des risques ; mais il en est moins frappé que des avantages qu'il se promet, Rousseau, Paix perpét.

    Mettre au fait, mettre à la raison, voy. FAIT.2, RAISON.

    Mettre à prix, évaluer.

    Ajouter. Moquez-vous des nouvelles de la place des Prêcheurs [place d'Aix] ; l'enlèvement de la princesse d'Orange et la prise de son mari sont à faire rire ; mettons-y le siége de Bois-le-Duc, qui n'était qu'une plaisanterie, Sévigné, 31 janv. 1689. Nous perfectionnons, nous adoucissons, nous cachons ce que la nature a mis dans nous, mais nous n'y mettons rien, Voltaire, Dict. phil. Caractère.

    Je n'y prends, ni n'y mets, c'est-à-dire la chose dont il s'agit m'est indifférente ; ou bien, je ne retranche ni n'ajoute rien à l'histoire que je raconte, mais je n'en garantis pas la vérité. Voilà ce qu'il vous demande : vous voyez bien que je n'y prends ni n'y mets, Sévigné, 19 juill. 1677.

    Qui plus y mit, plus y perdit, se dit de gens qui se sont querellés et que l'on arrange. Comme il était homme d'esprit et avait grand crédit parmi ses paroissiens, il n'eut pas grande peine à pacifier le différend, et qui plus y mit, plus y perdit, Scarron, Rom. com. II, 7.

    Réduire à. Mettre un homme à la besace. Mettre aux abois. Mettre un employé à la retraite, un militaire à la demi-solde.

    Il se dit des choses dans le même sens. Mettre un étang à sec. Mettre une marchandise au rabais. Mettre une appellation au néant.

    Mettre à l'eau, prescrire de ne boire que de l'eau. Mettre au régime, faire observer un régime exact. Je suis toujours malade… on m'a mis au lait de chèvre, Voltaire, Lett. Audra, 26 mars 1770.

    Mettre quelqu'un au pis, au pis faire, à pis faire, le défier de faire tout le mal qu'il a le pouvoir ou l'intention de faire. Au moins, dites-leur bien que je ne les crains guère ; Ils me feront plaisir : je les mets à pis faire, Racine, Plaid. II, 3.

    Mettre quelqu'un à pis faire, le défier de faire plus mal qu'il n'a déjà fait. Je mets à faire pis, en l'état où nous sommes, Le sort, et les démons, et les dieux, et les hommes, Corneille, Hor. II, 3.

    Mettre une chose, avec la préposition à suivie d'un verbe à l'infinitif, signifie la faire consister à, en. …Le siècle où nous sommes À bien dissimuler met la vertu des hommes, Corneille, Veuve, III, 3. Où les meilleurs soldats et les chefs les plus braves Mettaient toute leur gloire à devenir esclaves, Corneille, Cinna, I, 3. Jésus-Christ a mis l'honneur à souffrir, Pascal, Prov. XI. On ne met pas seulement le courage à mépriser la mort, Fénelon, Tél. V. Qu'on mette l'honneur à fuir les délices, Fénelon, ib. XI. Admirateur zélé de ces maîtres fameux, Je mets toute ma gloire à marcher après eux, Racine L. la Grâce, II.

  • 21Mettre avec, mettre au même rang. Vous ai-je dit que le roi a ôté la communion de la cérémonie [réception des chevaliers] ? je mets quasi la beauté de cette action avec celle d'empêcher les duels, Sévigné, 5 janv. 1689.
  • 22Mettre dans, faire participer à, faire part de. Il [Coulanges] vous a mis dans la folie de la Cuverdan [nom d'une dame imaginaire], Sévigné, 15 nov. 1684. Le titre de nouveau venu dans la province le rend fort considérable [Charles de Sévigné], et le met dans toutes les affaires, Sévigné, 27 sept. 1679.

    Mettre dans les discours, les propos, impliquer dans des bavardages. Si pour les sots discours où l'on peut être mis, Il fallait renoncer à ses meilleurs amis, Molière, Tart. I, 1. Et, pour ne vous point mettre aussi dans le propos, Molière, Fem. sav. IV, 3.

  • 23Mettre, avec la préposition de, faire participer à, faire entrer dans. Que fera-t-il [le jeune marquis de Grignan] d'un carnaval à Paris et à Versailles, où l'on voudra le mettre de tout ? Sévigné, 22 janv. 1690. Elle la mit de tous les soupers qu'elle donnait au roi, Hamilton, Gramm. 6. Il me mit de sa partie de chasse, Lesage, Diable boit. ch. 13, dans POUGENS. L'estime du roi s'accrut de jour en jour pour Zadig ; il le mettait de tous ses plaisirs, Voltaire, Zadig, 4. Oserai-je encore vous parler du petit la Harpe, qui a beaucoup d'esprit et beaucoup de goût ?… si vous le mettiez de l'Académie, il pourrait vous devoir sa fortune, Voltaire, Lett. Richelieu, 6 avr. 1772.

    Ajouter à. Certaines prières nouvelles que nous mettions de notre prière du soir, Sévigné, juillet 1690.

    Mettre de côté, voy. CÔTÉ, n° 14.

  • 24Mettre en, au sens physique, changer la disposition, la forme, l'état d'une chose. Mettre une chose en poussière. Mettre une vigne en espalier. Mettre une chambre en couleur. Le feu était trop ardent, on a mis cette viande en charbon. Mettre une armée en bataille, un régiment en ligne. Mme de la Fayette… a mis sa petite chambre en cabinet, Sévigné, 27 nov. 1689.

    Mettre en feu, mettre en cendre, brûler. Brûlez le capitole et mettez Rome en cendre, Racine, Mithr. III, 1.

    Mettre en pièces, en quartiers, déchirer. L'attaquer, le mettre en quartiers, Sire loup l'eût fait volontiers, La Fontaine, Fabl. I, 5.

    Mettre en main, voy. MAIN, n° 25.

    Mettre en musique, voy. MUSIQUE.

    Mettre en, employer d'une certaine manière. Mettre son argent en fonds de terre, en rentes, en viager. Mettre une terre en blé, en seigle, en orge, l'ensemencer en blé, en seigle, en orge. Il a mis vingt arpents en vigne, en bois. Il a mis tout le bord de son ruisseau en osier.

    Fig. Mettre en faveur. Cette action l'a mis en honneur. Mettre sa conscience en repos.

    Fig. Mettre en délibération, voy. DÉLIBÉRATION.

    Mettre en arrière, déposer, renoncer à. De grâce, parle, et mets ces mines en arrière, Molière, Mélic. I, 3.

    Mettre en plein jour, manifester clairement. C'est mon faible, il est vrai ; mais, si j'ai de l'amour, J'ai du cœur, et pourrais le mettre en son plein jour, Corneille, Suréna, IV, 3.

    Fig. Mettre en, en parlant d'un sentiment, d'une passion, la susciter chez quelqu'un. Mettre quelqu'un en colère, en fureur. Piqué d'un faux dédain, j'avais pris fantaisie De mettre Célidée en quelque jalousie, Corneille, la Gal. du pal. V, 6. Grâces aux immortels, l'effort de mon courage Et ma grandeur future ont mis Rome en ombrage, Corneille, Nic. II, 3. C'est que cette action le met en jalousie, Molière, Éc. des femmes, II, 3. Ménagez votre santé, sur laquelle on me met en quelque inquiétude, Fénelon, Lett. spirit. CXXIII, édit. S. Sulp.

  • 25Mettre pour, regarder comme, prendre pour. Si vous ne mettez la volonté de Dieu pour toute règle et pour tout ordre, vous tomberez dans de grands inconvénients, Sévigné, 4 août 1680.
  • 26Mettre sur, faire parler. Je l'ai mis sur ce mariage, Molière, Scapin, II, 8. Je l'ai mis sur le discours de la sœur Griffine, Bossuet, Lett. abb. 164. En le mettant sur l'amour et la galanterie, Hamilton, Gramm. 4.

    Mettre sur soi, prendre la responsabilité de. Étant persuadée que c'est son absence qui me fait passer l'hiver aux Rochers au lieu de Rennes, elle [Mme de Chaulnes] met sur elle tout ce qui pourrait m'y arriver, Sévigné, 6 nov. 1689.

  • 27Mettre bas, déposer à terre. Le chien mit bas la proie Pour la défendre mieux, n'en étant plus chargé, La Fontaine, Fabl. VIII, 7.

    Fig. Mettre bas, renoncer à, écarter. Qui ? moi, monsieur ? - Oui, vous, mettons bas toute feinte, Molière, Éc. des maris, II, 3. Allons donc, messieurs, mettez bas toute rancune, et faisons ici votre accommodement, Molière, Am. méd. III, 1. Mettre habit bas, ôter son habit. Je voulus voir sa contusion ; mais, comme elle est, ne vous déplaise, à la cuisse gauche, je ne trouvai pas à propos de lui faire mettre chausses bas, Sévigné, 492.

    Mettre ses habits bas, se déshabiller.

    Mettre bas son chapeau, ou mettre chapeau bas, ôter son chapeau.

    Mettre bas, faire ses petits, en parlant des animaux.

    Terme de vénerie. Le cerf a mis sa tête bas, a perdu son bois.

    Terme de marine. Mettre pavillon bas, abaisser son pavillon, pour annoncer qu'on se rend.

    Fig. Mettre pavillon bas, céder, capituler.

  • 28Mettre, se construit quelquefois avec l'infinitif d'un autre verbe, sans que cet infinitif soit précédé d'aucune préposition. Mettre sécher du linge. Mettre chauffer de l'eau, etc.
  • 29Mettre bien ensemble deux personnes, les réconcilier. Les mettre mal, les brouiller.

    Mettre quelqu'un hors de soi, l'impatienter, le courroucer outre mesure.

    Mettre hors d'haleine, essouffler. La course et l'émotion l'ont mis hors d'haleine, Rousseau, Lév. d'Éphr. ch. 4.

  • 30 Terme de manége. Faire passer un cheval à un nouvel exercice. Ce cheval est propre à mettre aux airs relevés, aux courbettes.

    Mettre un cheval dedans, dans la main, dans les talons, le faire obéir à la main, aux talons du cavalier.

    Mettre les deux bouts en dedans, mettre en regard la tête et la croupe.

    Mettre bien ensemble, mettre son cheval sur les hanches.

    Mettre un cheval sous le bouton, raccourcir les rênes par le moyen du bouton de la bride que l'on fait descendre jusque sur les crins.

    Mettre la croupe au mur, faire suivre au cheval par des pas de côté la longueur des murs du manége, la croupe étant près de la muraille.

  • 31 Terme d'horticulture. Mettre un arbre à fruit, opération qui consiste à faire, par une taille appropriée, qu'un arbre produise plus tôt et plus abondamment que d'habitude.
  • 32 Terme de métallurgie. Mettre en feu, commencer à allumer le fourneau.

    Mettre hors, arrêter, vider le fourneau.

  • 33 Terme de construction. Mettre des pièces de bois en chantier, tracer sur ces pièces, d'après une épure, les lignes qui indiquent la manière dont on doit les tailler.

    Mettre un travail en chantier, le commencer.

    Mettre dedans, assembler les pièces après que la taille a été faite.

    Mettre sur son raide ou sur son fort, mettre le bombement d'une pièce en contre-haut par-dessus.

  • 34Mettre en cire, se dit du metteur en œuvre qui pose sur un bloc de cire toutes les pièces d'un ouvrage, dans le sens où elles doivent être montées, afin de les souder.
  • 35Mettre, pris absolument et sans complément direct. Mettre sur table, poser les plats sur la table. Oui, qu'on mette à l'instant sur table, s'il vous plaît, Regnard, Démocrite, III, 7.

    Mettre sans complément, avec ou sans l'adverbe dessus, se couvrir la tête. Dorante : Allons, mettez. - M. Jourdain : Monsieur, je sais le respect que je vous dois. - Dorante : Mon Dieu ! mettez ; point de cérémonie entre nous, Molière, Bourg. gent. III, 4. Mettons donc sans façon, Molière, Éc. des femmes, III, 4. Mettez donc dessus, s'il vous plaît, Molière, Mar. forcé, 2.

    Mettre sur quelqu'un, enchérir sur lui, dans un encan. Faisons un accord : je ne mettrai pas sur vous, ni vous sur moi.

    Mettre pour admettre. Mettons que le fait soit vrai.

  • 36 Terme de marine. Mettre à la mer ou en la mer, quitter le port ou la rade, et gagner la haute mer.

    Mettre à la voile ou sous voiles, offrir au vent une ou plusieurs voiles pour qu'il entraîne le navire, jusque-là immobile.

    Mettre à culer, orienter ses voiles de telle sorte que le navire cule au lieu d'aller de l'avant.

    Mettre en travers, présenter l'un des côtés du navire au vent, qui le frappera perpendiculairement.

    Mettre à l'autre bord, virer de bord.

    Mettre à sec, serrer toutes ses voiles.

    Mettre à la cape, prendre la position de la cape.

  • 37Se mettre, v. réfl. Occuper un certain lieu, avec un nom de personne pour sujet. Se mettre dans une baignoire. Se mettre au-dessus de quelqu'un. Approchons cette table, et vous mettez dessous, Molière, Tart. IV, 4. L'homme ne sait à quel rang se mettre ; il est visiblement égaré, et tombé de son vrai lieu sans le pouvoir retrouver, Pascal, Pensées, t. I, p. 297, éd. LAHURE. La même inclination qui fait qu'on veut avoir la place la plus honorable dans une cérémonie, fait qu'un philosophe dans un système se met au centre du monde, s'il peut, Fontenelle, Mondes, 1er soir.

    Fig. Vous vous mettez fort mal au chemin de régner, Corneille, Nicom. III, 1. Le monde se met de temps en temps dans des situations qui changent le commerce, Montesquieu, Esp. XXI, 4.

    Mettez-vous là, c'est-à-dire asseyez-vous, prenez place à table. Je veux un homme qui m'ait obligation de ma fille et à qui je puisse dire : mettez-vous là, mon gendre, et dînez avec moi, Molière, Bourg. gent. III, 12.

    Se mettre dans le mauvais temps, faire quelque chose pendant la mauvaise saison. Parlons du vôtre [voyage] : tâchez de ne vous point mettre dans le mauvais temps, et faites provision de forces pour un si long trajet, Sévigné, 25 sept. 1680.

    Fig. Ne savoir où se mettre, être embarrassé de sa contenance, ne savoir quelle contenance faire. Comme ce style n'est point naturel, tout le monde en fut surpris, et l'on ne savait où se mettre, Sévigné, 23 oct. 1675. Ahi ! ah ! je ne sais plus où me mettre, Marivaux, Jeux de l'amour et de hasard, III, 6.

    Fig. Se mettre au-dessus, ne pas tenir compte. Se mettre au-dessus des préjugés, du qu'en-dira-t-on.

    Fig. Se mettre sur les rangs, se présenter, prétendre à.

    Terme de marine. Se mettre sur un fond, être porté sur un haut fond. Se mettre au plein, se jeter volontairement en pleine mer pour éviter d'être pris par l'ennemi ou pour toute autre cause urgente.

  • 38Se mettre, s'habiller. Quant à se mettre bien, je crois, sans me flatter, Qu'on serait mal venu de me le disputer, Molière, Mis. III, 1. Voilà ce que c'est que de se mettre en personne de qualité, Molière, Bourg. gent. II, 9. Tu sais comme on se mettait alors, Hamilton, Gramm. 3. Il était l'homme de la cour qui se mettait le mieux, Hamilton, ib. 6. Sa façon de se mettre, quoique simple et modeste, avait un peu trop bonne grâce, Marivaux, Marianne, 9e part. Le grand art des bons écrivains français est précisément celui des femmes de cette nation qui se mettent mieux que les autres femmes de l'Europe, Voltaire, Dict. phil. langues. Elles [les Parisiennes] se mettent si bien, ou du moins elles en ont tellement la réputation, qu'elles servent, en cela comme en tout, de modèle au reste de l'Europe, Rousseau, Hél. II, 21.

    Se mettre mal, s'habiller sans goût.

    Cela ne se sait point mettre [ces personnes ne savent pas s'habiller avec élégance], locution des gens de cour, d'après DE CAILLIÈRES, 1690.

  • 39Se mettre en, recevoir une certaine disposition corporelle. Se mettre en repos, en mouvement. Se mettre en course, en route. Se mettre en sueur, en eau.

    Se mettre en prière, prier. Je me mis en prière, dernier recours des malheureux, Marmontel, Mém. I.

    Se mettre en défense, s'apprêter à se défendre. Il ne se met point en défense pour ne point avouer qu'il se fût mis en danger, Montesquieu, Rom. X.

    Fig. Se mettre en colère, prendre de la colère, se courroucer. Sire, répond l'agneau, que Votre Majesté Ne se mette pas en colère, La Fontaine, Fabl. I, 10. Je me veux mettre en colère tout mon soûl quand il m'en prend envie, Molière, Bourg. gent. II, 6.

    Se mettre en peine, s'inquiéter. Entre ceux qui n'en sont pas persuadés [de l'immortalité de l'âme], je fais une extrême différence de ceux qui travaillent de toutes leurs forces à s'en instruire, à ceux qui vivent sans s'en mettre en peine et sans y penser, Pascal, Pens. t. I, p. 298, éd. LAHURE.

    Se mettre en état de, se rendre capable de. Il s'est mis en état de passer son examen.

    Se mettre en état que, avec le subjonctif. Comme nous ne connaissons si nous avons reçu dignement le corps du Sauveur, qu'en nous mettant en état qu'il paraisse qu'un Dieu nous nourrit, Bossuet, Sermons, Parole de Dieu, 3.

  • 40 Fig. Se mettre à, désigne vaguement quelque situation, quelque occupation. Ils se mirent l'un et l'autre au service d'un riche fermier, Genlis, Ad. et Théod. t. II, p. 45, dans POUGENS.

    Se mettre à, s'exposer. Je me mets au hasard de me faire rouer, Boileau, Sat. VI.

    Se mettre à prix, s'évaluer. Avez-vous su connaître à quel prix je me mets ? Corneille, Attila, II, 2.

    Se mettre à quelque chose, s'en occuper.

    Se mettre à tout, se rendre utile en toute occasion, ne se refuser à rien.

    Se mettre au régime, se mettre au lait, au petit lait, commencer à user d'un régime, du lait, du petit lait. C'était alors la mode de l'eau pour tout remède ; je me mis à l'eau, et si peu discrètement, qu'elle faillit me guérir, non de mes maux, mais de la vie, Rousseau, Confess. VI.

    Se mettre au fait, acquérir la connaissance, la pratique d'une chose. Il se mit bientôt au fait, et devint à la fin si habile…, Courier, Conseils à un colonel.

    Se mettre à, suivi d'un infinitif, marque ordinairement le commencement d'une action. Tous mes sots à la fois, ravis de l'écouter, Détonnant de concert, se mettent à chanter, Boileau, Sat. III. Les hommes sont faits pour être ridicules, et ils le sont, cela n'est pas étonnant ; mais une déesse qui se met à l'être l'est bien davantage, Fontenelle, Parménisque. Il se mit ensuite à fuir, toujours accompagné de ses deux fidèles amis et d'un esclave appelé Philostrate, Vertot, Révol. rom. IX, 359.

    Absolument. S'y mettre, s'occuper d'une chose, avoir une intention opiniâtre. Je ne vous écris pas souvent ; mais vous m'avouerez que, quand je m'y mets, ce n'est pas pour peu, Sévigné, à M. de Moulceau, 25 oct. 1686. Je suis, quand je m'y mets, plus têtu qu'une mule, Regnard, Légat. II, 11.

  • 41Se mettre dans, s'occuper d'une chose. Je vous conseille de vous mettre dans l'italien ; c'est une nouveauté qui vous réjouira, Sévigné, 18 sept. 1672.
  • 42Se mettre avant à quelque chose, en parler longuement. Il s'y met si avant que je crus que mes jours Devaient plus tôt finir que non pas son discours, Régnier, Sat. VIII.
  • 43 Fig. Se mettre sur, prendre une certaine manière, et aussi commencer à parler de.

    Se mettre sur l'homme de qualité, faire l'homme de qualité, en prendre les airs. Je me veux mettre un peu sur l'homme d'importance, Et jouir quelque temps de votre impatience, Molière, Mélic. I, 3.

    Se mettre sur son quant à soi, prendre des airs d'orgueil, de vanité.

    Se mettre sur la cérémonie, faire des cérémonies. Et se mit aussitôt sur la cérémonie, Régnier, Sat. VIII.

    Se mettre sur, parler de. Ils se mirent sur les perfections d'Hébert, Sévigné, 43. Il s'est mis sur vos louanges d'un fort bon ton, Maintenon, Lett. au D. de Noailles, t. V, p. 87, dans POUGENS.

  • 44Se mettre bien auprès de quelqu'un, gagner sa bienveillance, son amitié.

    On dit en sens inverse : se mettre mal avec quelqu'un.

  • 45 Populairement. Se mettre avec une femme, vivre maritalement avec elle.
  • 46Se mettre de, se joindre à, s'associer à. Se mettre d'une société, d'un complot. Femme n'était qui ne s'en mît, La Fontaine, Cord. Restait chez moi du matin au soir plusieurs jours de suite, se mettait de mes promenades, Rousseau, Confess. XI.
  • 47Se mettre à fruit, se dit d'un arbre qui commence à porter des fruits sans le secours de l'art et à l'époque ordinaire.
  • 48Se mettre, être mis, occuper un certain lieu, avec un nom de chose pour sujet. Le poteau se mit au bout de l'allée.

    Fig. Se mettre sur le tapis, être discuté, exposé. Les dix ans expirés, matière plus profonde Se mit sur le tapis…, La Fontaine, Oies.

    Être mis sur le corps, comme vêtement. Ces sortes d'habit se mettent avec cérémonie, Molière, le Bourg. II, 8.

    Être accommodé, en parlant de mets. Ce gigot se mettra en daube. L'anguille se met au court-bouillon.

    Fig. Se mettre en usage, être employé. D'autres secrets se mettent en usage, La Fontaine, Comm. l'espr.

    Fig. Se mettre, se dit des choses abstraites ou morales qui interviennent. L'épouvante se mit partout, Bossuet, Hist. III, 4. C'est une étrange faiblesse de l'esprit humain que jamais la mort ne lui soit présente, quoiqu'elle se mette en vue de tous côtés et en mille formes diverses, Bossuet, Sermons, Mort, préambule. Si la division se mettait entre eux, Fénelon, Tél. III.

    Fig. Se mettre à prix, être évalué. Cela ne se met pas à prix.

  • 49Se mettre, se dit de choses qui font invasion, irruption. Les maladies se mirent dans l'armée. La sueur s'est tellement mise sur les parties qui sont enflées, qu'il ne faut pas se jouer à la faire rentrer, Sévigné, 21 janv. 1676. Elle me conta qu'en Danemark il y avait un prince allemand qui s'enfonça une épingle dans le côté… deux mois après, la gangrène s'y mit, Sévigné, 21 août 1680. Le feu s'est mis à Villeroi ; la moitié d'un corps de logis en est brûlée, Sévigné, 5 janv. 1688.

REMARQUE

On dit souvent dans la conversation : Mettre les deux bouts, arriver à la fin de l'année, sans avoir dépensé plus que son revenu. Cette locution n'est pas exacte ; il faut dire : joindre les deux bouts, ou mettre les deux bouts ensemble.

SYNONYME

METTRE, POSER, PLACER. Mettre est le terme le plus général. Poser, c'est mettre avec justesse dans le sens et de la manière dont les choses doivent être mises. Placer, c'est les mettre avec ordre dans le rang et le lieu qui leur conviennent. Il y a de plus une différence qu'il faut indiquer : c'est que mettre, venant de mittere, a toujours conservé un sens de mouvement, soit matériel : mettre une lettre à la poste, soit intellectuel : mettre en colère.

HISTORIQUE

Xe s. E de cel peril que super els metreiet, Fragm. de Valenc. p. 468.

XIe s. E se alquons [aucun] meist main en celui qui…, Lois de Guill. 1. Se il est inplaidés e seit mis en forfait, ib. 3. Home qui plaide en curt… e home li mette sus qu'il ait dit chose…, ib. 28. Metez le siege [obsidio] à [pendant] tute vostre vie, Ch. de Rol. XI. Quant le vit Guenes, mist la main à l'espée, ib. XXXIII. Françeis se dressent, si se mettent sur piez, ib. LXXXVIII. Terre major, ce dist, [il] metrat à honte, ib. CXV. Rolans a mis l'olifan [le cor] à sa buche, ib. CXXXI. Mais lui meïsme [il] ne velt [veut] mettre en obli, ib. CLXXIII. Ami Rolans, Deus mete t'ame en flurs [paradis], ib. CCIV.

XIIe s. Car par celui qui en la crois fu mis, Ronc. 24. La reregarde de la grant ost Charlon Sera par nous mise à destrucion, ib. 40. Beaux niés [beau neveu], fait Charles, mis m'avez en tristor, ib. 107. En mer se mettent, quand l'aube est esclarée, ib. 118. Et vit les bieres, si se met à plorer, ib. 171. Se Deu plaist et je vif, je vous metrai à mal, ib. 193. Nouvele amor où j'ai mis mon penser, Couci, II. Car cuer et cors [je] met en vostre maistrie, ib. Or le [mon cœur] doinst Diex à droit port ariver, Car il s'est mis en mer sans aviron, ib. X. Toute lor peine [ils] ont mise en moi trahir, îb. XIII. Et si [je] me sui mis à sa volenté, Que nus travaus mon desir ne refraigne, ib. XI. [Son beau visage] Par quoi mes cuers se mist en l'acointance, ib. XVII. J'eüsse mis ma vie en vo [votre] merci, ib. XXIV. Il i ont mis du feu tout rasé [ras] un tonel, Saxons, IX. Le regne d'Alemagne [ils] vous ont mis à charbon, Et Cologne destruite…, ib. XI. Plus [ils] ont paor de mort que de mettre [d'être mis] en prison, ib. XXII. Si metomes un terme prochain, ne demeurt guere, ib. XXX. Deus volt [voulut] metre Absalon à mal, cum il l'out deservid, Rois, p. 183. E le felun met [je mets] à mort e a desfacun, ib. 262. Les fiz as prophetes mistrent le prophete Helyseu à raisun [lui parlèrent] ; si distrent…, ib. 365. Li reis, qui mult le het, ne l'ad mis en obli, Th. le mart. 95. Sur un char fist um metre l'arche Deu et covrir ; Li buef en chancelerent, l'arche voleit chaïr ; Oza i mist la main, qui la volt retenir, L'ire Deu l'abati, ib. 75. Un fil en ai, dont encor sui plus fiere ; La merci Dieu ! ne m'en met pas ariere [grâce à Dieu, je ne m'en estime pas moins], Raoul de C. 54.

XIIIe s. En non Dieu, dist li papes, je voel que la cités soit destruite et que il soient tous mis à l'espée, Chr. de Rains, 119. Se il met en ordre la dignité des choses selonc lor nature, Latini, Trésor, p. 347. …Li temples Salemon fu mis à feu et à flame, ib. p. 51. Amis, vo grant beautés, vo sens, vostre prouesse, M'ont si feru d'un dart d'amour qu'au cuer me blece ; Se vous ne l'en jetez, n'est homs qui hors l'en mece, Audefroi le Bastard, Romanc. p. 13. Pour s'amour [les chevaliers] metteront mainte lance en astelle, ib. 18. Lors se mit en chemin Argente et sa maisnie, ib. 27. Prendre mari est chose à remenant ; N'est pas marché, qu'on laist quant [on] se repent ; Tenir l'esteut [il faut le tenir], soit lait ou avenant ; Qui mal se met, si vit à douleur grant, ib. 73. Seigneur, je vous envoierai le frere ma feme, si le met en la main Dieu et en la vostre, pour ce que vos estes meüs pour droit et pour justice, Villehardouin, LI. Li marchis l'asseura et dist que il s'en metroit [s'en remettroit à] seur le duc de Venise et sur le conte Looys de Blois, Villehardouin, CXX. Lors mist li quens Baudoins de Flandres avant quanques il avoit et quanques il pot empruntier, Villehardouin, XXXVII. Et ne sai queles gens mistrent par mal le feu en la vile, Villehardouin, XCI. Pour Dieu, si i mete chascun de son avoir, Villehardouin, XXXV. Et por ce qu'il savent certainement que nule gent n'ont si grant pooir par mer comme vous avés, vous prient il que vous voelliés mettre paine comment il puissent avoir navie, Villehardouin, XII. En la serve [il] avoit mis cuer et cor et desir, Berte, LXIII. Mais foy et loiauté [elle] ot mis en nonchaloir, ib. LXV. Huit jours [ils] mistrent tous pleins à l'avoir aüner [rassembler], ib. XCVII. Les tables furent mises, [ils] s'assirent au souper, ib. III. Lors [elle] se met à genous, la terre va baisier, ib. XXXIX. En la voie [il] la met, à Dieu l'a comandée, ib. XLVI. À Bertain aaisier chascune met la main, ib. XLIX. Tout soit le [la] coustume si cruels contre eles, comme il est dit dessus, neporquant li rois ou cil qui tienent en baronie y poent metre remede por cause de pitié, Beaumanoir, XXX, 100. Et l'autre partie leva l'un des tesmoins et li mist sus qu'il estoit faus tesmoins, Beaumanoir, VI, 34. Et tout le remanant, qu'il metent en vente, selonc le droit pris que les cozes valent, Beaumanoir, XLIX, 2. Et sor che se mistrent en droit [plaidèrent], Beaumanoir, LXIV, 3. S'il me plest, je puis emporter tout ce que g'i ai, anchois qu'il [avant qu'il] en porte riens ne qu'il y mete le pié, Beaumanoir, XI, 39. Noz dirons à qui le [la] saizine du testament apartient, et liquel valent et liquel non, et comment on les pot et doit fere, et comment il poent estre mis à execussion, Beaumanoir, XII, 1. Ge n'en met hors rois ne prelas, Ne juge de quelconque guise, Soit seculier, ou soit d'eglise, la Rose, 5692. Au gieu dont vous entremetrés, Perdés quanque vous i metrés, ib. 7812. Li poissans juges pardurables En enfer avec les diables Lor en metra au col les las, ib. 5691. N'il ne sunt pas seür encores, S'il le garderont jusqu'à lores, Car tex [tel] i porroit mettre main, Qui tout emporteroit demain, ib. 5197. …Quant [je] mis les noms as choses, Que ci reprendre et blasmer oses…, ib. 7141. Mès chose où pechié se meïst…, ib. 6985. Car ge metroie trop à dire Les fais Neron le cruel homme, Comment il mist les feus à Romme Et fist les senators occire, ib. 6214. Quant les Anglois virent le roy passer, il se desconfirent et mistrent dedens la cité de Saintes, Joinville, 206. Les grans deniers que le roy mist à fermer [fortifier] Jaffe, Joinville, 275.

XIVe s. Se nous veons deux testes metre en un chaperon, Nous leur dirons que c'est pour faire traïson, Baud. de Seb. VII, 351. Celui qui en raporte plus que il n'avoit mis du sien, l'en dit que il guaigne, Oresme, Eth. 149.

XVe s. Samedi au matin, Philippe d'Artevelle ordonna que toutes gens se mesissent envers Dieu en devotion, et que messes fussent en plusieurs lieux chantées, Froissart, II, II, 154. Certainement nous mettons trop à nous allier aux Anglois, si nous en pourra bien mal prendre, Froissart, II, II, 166. Et leur coururent sus pour les occire ; ces Anglois se mirent à defense, Froissart, I, I, 275. Le duc y entendit volontiers, et fit de rechef semondre son ost, et mit ensemble grand foison de seigneurs et de gens d'armes, Froissart, I, I, 115. Et aussi tous ceux qui ont esté bannis ou mis ou jugés hors loi, seront restitués, Froissart, II, II, 241. Et le frere du seigneur de la Riviere mourut en prison, et luy mit on sur qu'il s'estoit tué d'un pot, Phil. de Fenin, 1413. Et là bien peu s'arreste, puis baisse sa lance et met en l'arrest et poind vers son adversaire… lequel aussi repoind vers luy, Bouciq. I, 16. Espoir m'a dit et par sa foy promis, Qu'il m'aidera, et que ne m'en soussie ; Mais tant y met qu'un an me semble dix, Orléans, Bal. 12. Et petit à petit le mettoye en ce qu'il avoit à faire [je lui expliquais ce qu'il allait avoir à faire], Commines, IV, 7. Après ceste grant honte que fist le duc de Bourgogne, il ne mist gueres à recevoir dom maige, Commines, IV, 13. Il desiroit grant gloire, qui estoit ce qui plus le mettoit en ses guerres que nulle autre chose, Commines, V, 9. Mettez tout sur nous, direntelles, nous l'apaiserons bien, Louis XI, Nouv. XXVII.

XVIe s. Quelle excuse donc pouvons nous mettre en avant ? Lanoue, 50. À son arrivée, les ennemis se mirent en fuitte, Amyot, Publ. 35. L'arbre qui met [tarde] à croistre a la plante asseurée : Celuy qui croist bien tost ne dure pas longtemps, Ronsard, 239. Se mettre à [faire quelque chose], Montaigne, I, 23. Se mettre à table, Montaigne, I, 35. Mettre le feu à une mine, Montaigne, I, 26. Se mettre en peine de…, Montaigne, I, 42. Mettre en pieces [massacrer], Montaigne, I, 27. Nul moyen de refreschir son armée si les maladies s'y mettoient, Montaigne, I, 356. Mettez fol à par soy, il pensera, Cotgrave Mets raison en toy, ou elle s'y mettra, Cotgrave Des quemands et belistres qui, pour abuser le monde, mettent de la paille en leurs souliers, se salpoudrants les jambes pour mieux trembler le grelot, Sat. Mén. édit. de 1824, p. 307.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

METTRE. Ajoutez :
50Mettre dedans, voy, au Dictionnaire DEDANS, n° 1.
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Mettre : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

METTRE, v. act. (Gramm.) ce mot a un grand nombre d’acceptions, qui toutes ont quelque rapport au lieu & à la situation dans le lieu : exemples, mettre un fat en place, mettre en apprentissage un enfant, mettre des troupes sur pié, mettre à la loterie, se mettre au travail, mettre en couleur, mettre à mort, mettre bas, mettre hors, mettre à couvert, mettre à mal, mettre une chose en quelqu’endroit, &c. Voyez les articles suivans.

Mettre, appointement à, (Jurisprud.) voyez ce qui a été dit au mot Appointement. On peut ajouter que dans ces appointemens l’instruction est fort sommaire ; le procureur ne donne ordinairement qu’une seule requête ou inventaire de production, & tous les frais ne doivent pas passer une certaine somme. On appointe à mettre dans les matieres provisoires. Voyez ce qui en est dit dans le praticien de Couchot, tome II. à la fin. (A)

Mettre, (Marine.) ce mot est employé dans la marine à certains usages particuliers.

Mettre à la voile, c’est appareiller & sortir d’un port ou d’une rade.

Mettre les voiles dedans, c’est ferler & plier toutes les voiles, sans en avoir aucune qui soit déployée.

Mettre la grande voile à l’échelle, c’est amarrer le point de cette voile vis-à-vis de l’échelle par où on monte à bord, ou bien au premier des grands haubans.

Mettre les basses voiles sur les cargues, c’est se servir de cargues pour trousser les voiles par en-bas.

Mettre à terre, c’est descendre du monde, ou autre chose du vaisseau, à terre.

Mettre à bord, c’est tirer ou porter dans le vaisseau.

Mettre un matelot à terre, c’est le débarquer & le renvoyer quand il ne fait pas son devoir.

Mettre une ancre en place, c’est l’amener dans la place où elle doit être au côté de l’avant du vaisseau.

Mettre le linguer, c’est mettre la piece de bois, nommée linguet ou elinguet, contre une des fusées ou taquets du cabestan, pour l’empêcher de dévirer ou de retourner en arriere.

Mettre, (Comm.) terme qui a différentes significations dans le commerce.

Mettre ses effets à couvert, se dit ordinairement en mauvaise part d’un négociant qui détourne ce qu’il a de meilleur & de plus précieux, dans le dessein d’une banqueroute frauduleuse. Voyez Banqueroute.

Mettre au-dessus d’un autre, c’est enchérir sur le prix qui a été offert d’une marchandise dans une vente publique.

Mettre, signifie quelquefois s’enrichir, comme quand on dit mettre sol sur sol ; & quelquefois avancer ou dépenser pour la part qu’on prend dans une société ou entreprise de commerce. J’ai dépensé cent mille écus à cette manufacture, je n’y veux plus rien mettre.

Mettre de bon argent avec du mauvais, c’est faire des avances ou dépenses sans espérance de les retirer.

Mettre avec le pronom positif, signifie s’appliquer, s’employer. Ce jeune homme a eu raison de se mettre au commerce, il y réussit. Dict. de Commerce.

Mettre l’ame ; les Boisseliers se servent de ce terme pour signifier l’action par laquelle ils garnissent les soufflets d’une sorte de soupape de cuir, par laquelle l’air s’introduit dans le soufflet quand on l’ouvre, & sort par la douille, quand on le ferme.

Mettre en tenon, en terme de Boisselier, c’est retenir les deux extrémités du corps du sceau dans un tenon ou espece de pinces de bois pour les clouer plus facilement ensemble.

Mettre en soie, en terme de Boutonnier, c’est couvrir des morceaux de vélin découpés à l’emporte-piece, d’une soie qui s’étend dessus à mesure qu’on l’amene avec la bobine que l’on tient en sa main, montée sur une brochette à lier, voyez Brochette à lier. En même tems que la soie couvre le vélin, elle assujettit la cannetille sur ses bords, en se fixant sur chacun de ses crans. Voyez Cannetille.

Mettre en chantier, chez les Charpentiers, c’est lorsqu’on peut travailler une piece de bois, la poser sur deux autres pieces de bois qu’on nomme chantiers.

Mettre les bois en leur raison, chez les Charpentiers, c’est poser les pieces de bois qui doivent servir à un édifice, sur les chantiers, chaque morceau en son lieu.

Mettre une piece de bois sur son roide ou sur son fort, (Charpentier) c’est lorsqu’elle est courbe mettre le bombement en contre-haut ou par-dessus.

Mettre en train, terme d’Imprimerie, c’est mettre une forme sur la presse, & la situer de façon qu’elle se trouve juste sous le milieu de la platine, l’arrêter avec des coins, abbaisser dessus la frisquette pour couper ce qui pourroit mordre, & coller aux endroits qui pourroient barbouiller, faire la marge, placer les pointures, faire le registre, & donner la tierce. Voyez Frisquette, Registre, Tierce.

Mettre, se dit, en terme de manege, des façons de dresser ou de manier un cheval. Ce cheval est propre à mettre aux courbettes, à caprioles, aux airs relevés. Voyez Courbette, Air.

Mettre un cheval au pas, au trot, c’est le faire aller au pas, au trot, au galop. Voyez Pas, Trot, Galop. Mettre un cheval dedans, c’est-à-dire le dresser, le mettre dans la main & dans les talons. On dit aussi mettre un cheval sous le bouton, pour dire le tenir en état par le moyen du bouton des rênes qu’on abaisse, comme si le cavalier étoit dessus.

Mettre un cheval hors d’haleine, c’est le faire courir au-delà de ses forces. Mettre sur le dos. Voyez Volte. Mettre sur les hanches. Voyez Asseoir. Mettre au vert. Voyez Vert. Mettre au filet, c’est lui tourner le cul à la mangeoire pour l’empêcher de manger, & lui mettre un filet dans la bouche. Mettre sur le crotin, c’est mettre du crotin mouillé sous les piés de devant du cheval. Mettre dans les piliers, c’est attacher un cheval avec un cavesson aux piliers du manege, pour l’accoutumer sur les hanches. Mettre la lance en arrét, c’est disposer sa lance comme il est expliqué au mot lance. Voyez Lance. Mettre la gourmette à son point. Voyez Point. Mettre un rassis. Voyez Rassis. Mettre ses dents, se dit d’un cheval à qui les dents qui succedent à celles de lait commencent à paroître. Mettre bas. Voyez Pouliner.

Mettre en fut, chez les Menuisiers, c’est monter le fer d’un outil de la classe des rabots, varlopes, sur son bois qu’on appelle fut.

Mettre en cire, opération du Metteur-en-œuvre qui consiste à ranger sur un bloc de cire toutes les parties d’un ouvrage, l’ordre, & l’inclinaison qu’elles doivent avoir toutes montées pour les souder ensemble avec succès : comme il y a fort peu d’ouvrages de Metteurs-en-œuvre, tels que les aigrettes, les nœuds, les colliers, &c. qui ne soit composé d’un nombre considérable de pieces séparées ; l’ouvrier prépare d’abord séparément chaque partie, & lorsqu’elles sont toutes disposées il prend une plaque de tôle sur laquelle il y a un bloc de cire, auquel il donne la forme de son dessein, & le mouvement qui lui convient ; sur ce bloc ramolli il arrange chaque partie selon l’ordre, l’élévation, & le mouvement qui est propre à chacune d’elles : de cette opération dépend souvent la bonne grace d’un ouvrage, parce qu’il ne sort plus de-là que pour être arrêté par la soudure, & que cette derniere opération une fois faite, il n’est plus possible d’en changer la disposition.

Mettre en terre, opération du Metteur-en-œuvre, qui suit celle de la mise en cire. Lorsque toutes les pieces d’un ouvrage sont arrangées sur la cire, telles que nous l’avons dit ci-dessus, on le couvre totalement d’une terre apprêtée exprès, & déliée avec un peu de sel pour y donner plus de consistence, de l’épaisseur d’environ un pouce ; on la fait sécher à très-petit feu, sur de la cendre chaude, & lorsque cela est entierement sec & cuit, on fait fondre la cire qui est dessous, on enleve cette terre qu’on fait recuire pour brûler le reste de la cire, & sur le dessous des chatons, & entre ces chatons, qui restent alors totalement à découvert, l’ouvrier pose les grains d’argent nécessaires pour joindre toutes les parties ensemble, & les paillons de soudure, que l’on couvre de borax, & en cet état on porte le tout au feu de la lampe, & on arrête ainsi par la soudure, toutes les parties qui ne font plus qu’un tout ; alors on casse la terre, & l’ouvrier continue ses opérations.

Mettre en œuvre, l’art de mettre en œuvre est l’art de monter les pierre fines ou fausses, & les diamans, &c. sur l’or & l’argent.

Mettre au bleu, c’est un terme de Plumassier, qui signifie l’opération par laquelle on met les plumes dans de l’eau bleue faite avec de l’indigo, comme celle dont on se sert pour le linge.

Mettre en presse. Voyez Presse.

Mette les ficelles à la colle, (Relieure.) quand les ficelles sont épointées, on prend un peu de colle de pâte dans ses doigts, & l’on en met aux ficelles ; on dit mettre les ficelles à la colle. Voyez Tortiller, Coudre.

Mettre en main, terme de Fabrique des étoffes de soie, mettre en main la soie, c’est la préparer pour la mettre en teinture ; pour la mettre en main on défait les matteaux que l’on enfile à une cheville, qui fait partie de l’outil qu’on appelle mettage en main. On choisit la soie écheveau par écheveau pour en séparer les différentes qualités ; ensuite quand il y a une certaine quantité d’échevaux, je veux dire trois ou quatre, suivant leur grosseur, on en fait une pantine que l’on tord, & à laquelle on fait une boucle ; on met autour de cette flotte un fil que l’on noue, afin que le Teinturier ne les confonde pas quand il les défait pour les teindre.

Quand il y a quatre pantines de faites, on les tord ensemble, & ces quatre pantines de soie unies ensemble s’appellent communément une main de soie.

Mettre sur le pot, en terme de Rafineur, c’est emboîter la tête du pain sur un pot d’une grandeur proportionnée à la forme qui le contient, & propre à recevoir le premier sirop qui en découle.

Mettre bas ou quitter son bois, c’est ce que le cerf fait au printems.

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Mettre : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « mettre » les plus populaires.

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Étymologie de « mettre »

Étymologie de mettre - Wiktionnaire

(Vers 1050) Du moyen français mettre[1], de l’ancien français metre, du latin mittere (« envoyer »)[2].
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Étymologie de mettre - Littré

Bressan, betre ; wallon, mète ; provenç. metre ; espagn. meter ; portug. metter ; ital. mettere ; du lat. mittere, proprement envoyer.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Phonétique du mot « mettre »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
mettre mɛtr play_arrow

Conjugaison du verbe « mettre »

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Citations contenant le mot « mettre »

  • Pour Emmanuel André, la situation dans laquelle se trouve notre pays actuellement est contrôlable, sous certaines conditions, principalement en mettant en place des stratégies localisées et donc en envisageant de reconfiner de façon locale. « C’est une solution qui est mise sur la table. Dans certaines situations quand le virus circule encore de manière localisée. On sait qu’il peut se propager soit de façon géographique, dans des quartiers, mais aussi de manière plus sociale, ce qui peut déborder de quartiers bien précis. Dans certains cas, on peut imaginer de mettre certains quartiers en ’lockdown’, comme dans certains pays. Mais cela doit s’accompagner de certaines mesures. Le but n’est pas de fermer pendant une longue période. Il faut que l’on puisse faire un dépistage massif pour prendre ces personnes en charge et pas simplement les mettre en isolement », a expliqué le spécialiste sur le plateau de RTL. sudinfo.be, Coronavirus: «On peut imaginer de mettre certains quartiers en lockdown», prévient Emmanuel André
  • Il y a toujours de nombreuses zones d’ombre attachées à l’âme de ce pays. Les films sur cette période ont privilégié les aspects historiques ou dramatiques. Je voulais cette fois mettre l’accent sur le traumatisme lié à un changement aussi rapide. La version officielle de l’histoire allemande préfère encore et toujours la thèse d’une victoire collective des Allemands, alors que nombreuses sont les personnes qui ont pu ressentir un sentiment de perte. Le Monde.fr, Christian Alvart, réalisateur : « Je voulais mettre l’accent sur le traumatisme lié à la réunification allemande »
  • Vous voulez nous soumettre un bon plan ? Ou juste faire une remarque ? Journal du Geek, Ubisoft aurait été réticent à mettre en avant des personnages féminins
  • Nous prenons donc l’engagement de faire connaître à nos habitants et de mettre en œuvre dans nos villes les propositions de la convention citoyenne sur le climat, en fixant des critères environnementaux dans nos appels d’offres, en favorisant encore davantage les transports en commun et le vélo, en rénovant les bâtiments municipaux pour économiser de l’énergie, en limitant l’étalement urbain pour ne pas grignoter les terres agricoles ou les champs nécessaires à la biodiversité, en relocalisant les emplois… Le Monde.fr, « Nous prenons l’engagement de mettre en œuvre dans nos villes les propositions de la convention citoyenne sur le climat »
  • VACANCES - Depuis avril, les ventes de cahiers de vacances ont explosé, car les parents d’élèves veulent rattraper le temps perdu lors du confinement. Mais attention à ne pas y mettre cet été “trop de pression”, alertent de nombreux professionnels. Le Huffington Post, Avec le cahier de vacances, attention à ne pas mettre "trop de pression" aux enfants | Le Huffington Post LIFE
  • Le théâtre, c'est mettre des solitudes en commun. De Daniel Mesguich / Petit dictionnaire du théâtre
  • Ayez des enfants pour mettre votre conscience en règle. De Gérard Miller / Les pousse-au-jouir du maréchal Pétain
  • Se mettre en ménage, c’est aller fatalement au surmenage. De Jacques Sternberg
  • Ecrire, c’est mettre en ordre ses obsessions. De Jean Grenier / Albert Camus
  • J'aime être surpris, me mettre en danger. De Ben Gazzara
  • On doit mettre tout son coeur dans la cuisine. De Rosa Lewis
  • Tout habit trouve quelqu’un pour le mettre. De Proverbe arabe
  • Il faudrait se mettre à plusieurs pour être un sage. De Jules Renard
  • Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. De Proverbe français
  • Une étincelle peut mettre le feu à la plaine. De Proverbe chinois
  • Il ne faut pas mettre du vinaigre dans ses écrits, il faut y mettre du sel. De Montesquieu / Mes Pensées
  • Mettre un frein à la femme, c'est mettre une limite à la mer. De Félix Lope De Vega / La Dama boba
  • Se déguiser est comme mettre un masque. De Arturo Brachetti / Evene.fr - Juin 2005
  • On écrit pour se mettre en évidence. De Charlotte Rampling / Studio Magazine - Février 2006

Images d'illustration du mot « mettre »

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Traductions du mot « mettre »

Langue Traduction
Corse mette
Basque jarri
Japonais 置く
Russe класть
Portugais colocar
Arabe لوضع
Chinois 放在
Allemand stellen
Italien mettere
Espagnol poner
Anglais to put
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Synonymes de « mettre »

Source : synonymes de mettre sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « mettre »


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